*Chers opposants aux maires des villes, à la CAVEM ou au député de notre circonscription,

Chers trolls,

L’équipe du magazine “Bah Alors” vous souhaite une bonne lecture et souhaite vous préciser deux choses. Tout d’abord, les interviews que vous lisez ont été retranscrites à l’identique. Nous avons posé des questions, ils ont simplement répondu. Aussi, ne nous tenez pas rigueur de la teneur des propos. Enfin, si vous souhaitez y répondre, sachez que le droit de réponse existe, que vous pouvez nous envoyer vos réactions, et si vous représentez un mouvement politique, une association ou autres, nous vous éditerons sur internet.*

 

Il est le maire de Fréjus depuis quatre ans maintenant. La ville, pour les médias nationaux, est devenu le laboratoire du Rassemblement Nationale. Ici, les clivages existent toujours. D’un côté la Municipalité, de l’autre des opposants au conseil municipal, en association ou encore sur Internet. Nous n’avions pas eu l’occasion de nous entretenir à mi-mandat avec l’édile de la ville, occupé à apporter son soutien à Marine Le Pen pendant les élections présidentielles. Cette année, David Rachline, entièrement voué à sa ville, a répondu à nos questions dans une interview fleuve. Au programme PLU, Base Nature, dette, culture et opposition.

 

David Rachline, vous êtes maire de la ville de Fréjus depuis maintenant quatre ans. Vous succédez à Élie Brun que vous avez accusé régulièrement d’avoir laissé une énorme dette à la commune. Néanmoins, des réalisations ont été entamées par votre prédécesseur et se sont terminées sous votre mandat, comme la réfection de la rue Jean Jaurès…

 

Non, Jean Jaurès n’a jamais démarré avec mon prédécesseur.

 

Les budgets n’avaient pas été votés ?

 

Jamais.

 

Justement, cela est très flou pour les administrés. À ce jour, quelles sont les réalisations qui ont vu le jour sous votre municipalité ?

 

Je ne vais pas vous faire la liste parce que le budget de la ville de Fréjus c’est 100 millions d’euros par an et il y aurait beaucoup trop à dire. Quoi qu’il en soit, j’avais annoncé qu’il fallait redonner de la crédibilité bancaire et financière à la commune pour pouvoir demain réinvestir. Je l’ai fait en descendant la dette d’environ 20 millions d’euros à l’heure où l’on parle. J’ai créé des marges de manœuvre dans le but de réinvestir. Ces marges, on les retrouve dans les marchés publics qui ont été renégociés, dans le nettoyage des bâtiments communaux qui a été externalisé et qui nous a rapporté plusieurs centaines de milliers d’euros, dans la remunicipalisation des activités de loisirs l’été qui accueille plus de Fréjusiens tout en coûtant moins cher qu’Odelvar. Ce sont des économies du quotidien qui ont permis de réinvestir.

 

Et dans quoi avez-vous réinvesti ?

 

Les tennis ont été refaits intégralement pour environ trois millions d’euros. La base nautique aussi qui a coûté 1,5 million d’euros. Il y a aussi le pôle enfance qui va voir le jour qui correspond à environ 10 millions d’euros d’investissement net pour avoir une école neuve, en l’occurrence celle des Chênes. Nous avons une politique stratégique au bénéfice du centre-ville avec la fin du stationnement ventouse, des travaux de voiries d’environ 4 millions d’euros. Il faut maintenant que l’on termine les pavés, et une fois que ce sera fait, on aura bien avancé. Des budgets sont prévus à cet effet cette année. Dans les voiries, nous avions beaucoup de retard à Saint-Aygulf et nous venons d’investir 500 000 euros pour le quartier. À Saint-Aygulf toujours, la maison des associations va être totalement refaite, et nous allons créer les deux cours de tennis et le citystade pour remplacer ce qui a été supprimé du fait d’un projet immobilier. Si nous n’avions pas pris de décisions importantes dans le domaine budgétaire et dans les économies générales que fait la ville quotidiennement, rien n’aurait été possible.

 

Vous avez été sénateur et directeur de campagne de Marine Le Pen durant les présidentielles 2017. Ça a pris beaucoup de temps, et lorsqu’il fallait faire un choix vous vous êtes tourné vers Fréjus. Les élections européennes approchantes, est-ce toujours le cas ?

 

Oui, je reste à Fréjus. Les choix ne sont jamais faciles à faire, mon activité parlementaire m’a passionné, j’y ai appris énormément. Je pense que la ville est sur de bons rails, mais que je n’avais pas encore terminé mon travail. Je dois ma victoire à Fréjus, car si je n’étais pas le maire de la quatrième ville du Var je n’aurais pas été sénateur. Ma priorité est évidemment Fréjus. Je n’aurai pas d’activité particulière durant la campagne des Européennes, je ne serai pas candidat, et je souhaite rester maire de Fréjus.

 

Votre parti, le Rassemblement National, essuie des problèmes budgétaires et reconnaît une perte considérable d’adhérents. Quel est votre avis sur la question ?

 

Après les campagnes électorales, les partis politiques ont moins d’intérêt pour les gens et c’est normal. Je pense que les dynamiques viennent avec les campagnes électorales, et ça reviendra avec les Européennes. Il se passe beaucoup de choses en Europe. Des choses que je vois d’un bon œil. Je pense aux politiques de Messieurs Salvini, Orban ou d’autres : ce sont des politiques qui tournent le dos à l’Union Européenne dans sa forme actuelle, celle que nous critiquons. J’espère que les Français feront de même. Je pense que cette situation politique suscitera un intérêt majeur et donc fera revenir les Français vers les partis politiques et, je le souhaite, vers le Rassemblement National.

 

La révision du PLU a été voté récemment. Qu’est-ce qu’elle change et pour quels avantages ?

 

C’est une procédure obligatoire qui a lieu tous les 10 ans. Nous sommes sous le régime de mon prédécesseur dans le domaine de l’urbanisme jusque-là fin de l’année. Il faut comprendre que le PLU n’a pas été définitivement validé, il est aujourd’hui arrêté. Maintenant, il va y avoir trois mois de discussions avec les services de l’État, la DDTM notamment, qui nous feront un certain nombre de remarques. Il y a une enquête publique qui donne lieu à un vote définitif qui validera le PLU. Ce PLU a vocation à développer la ville de manière maîtrisée, à créer des emplacements pour les services publics de demain, à accueillir le stade intercommunal. Il va aussi permettre de sanctuariser un certain nombre de zones agricoles en concordance avec la CAVEM. Il s’agit de l’urbanisme du développement économique de demain, il s’agit d’équipement. La ZAC des sables sortira un jour de terre après les études hydrauliques et économiques que nous menons pour que le projet soit viable.

 

Le Forum Républicain, la France Insoumise, tous les opposants clament qu’après cette révision, Fréjus sera la ville la plus bétonnée du Var. Selon vous, est-ce vrai ?

 

Je crois que ce sont des propos de tribunes liés au jeu politique que je peux comprendre. Mais ces propos ne sont pas raisonnables.

 

Vous vous êtes quand même fait élire sur un programme qui accusait la bétonnisation.

 

Je ne sais pas ce que vous appelez bétonnisation. Je pense qu’on peut construire de manière maîtrisée et raisonnée. Ce que je reprochais à mon prédécesseur c’est de ne pas avoir toujours fait les études d’impact nécessaires aux constructions. Mais si ces études d’impact sont faites, c’est le cas aujourd’hui avec une réglementation plus dure qu’il y a quelques années, et que ça ne trouble pas la vie des habitants de la commune, alors il n’y a pas de difficulté. Là, vous me parlez de gens qui ont été soutien des précédents gouvernements, notamment du gouvernement de monsieur Hollande qui impose aux communes de construire 50 % de logements sociaux. Il y a des objectifs précis dans le Plan Local de l’Habitat (PLH), le PLU et l’ensemble des règles qui régissent notre état. Ils sont donc responsables de notre situation. Si je n’avais pas réalisé ces logements, alors nous aurions deux millions et demi d’euro d’amende comme la ville de Saint-Raphaël aujourd’hui, et la ville serait exsangue financièrement. Aujourd’hui, nous sommes en train de sortir de la carence, l’année prochaine nous en serons sortis. La ville va regagner 650 mille euros pour pouvoir réinvestir dans les équipements dont elle a besoin. Il faut être raisonnable : je pense qu’il y a besoin de logement parce qu’il y a une attente forte de la part des jeunes actifs de notre commune. Une politique dynamique de logement permettra aux jeunes de rester ici. Cette politique est raisonnée et les objectifs sont fixés par l’état. Ce débat, nos opposants devraient l’avoir entre eux et assumer les responsabilités qui sont les leurs.

 

« Pour 39,5 millions d’euros de vente de biens communaux, seulement 15 millions d’euros ont servi à désendetté la ville » : cette phrase revient régulièrement sur Internet et notamment les réseaux sociaux lorsque l’on parle de votre politique budgétaire. Une bonne fois pour toutes : où sont les 24,5 millions d’euros ?

 

C’est une étrange comptabilité qui est réalisée. La ville a besoin de recettes pour se désendetter, pour fonctionner, pour investir et pour toutes les autres dépenses utiles. Je ne vois pas où est la difficulté. Peut-être que les grands gestionnaires qui semblent critiquer ma politique, auraient utilisé l’intégralité de cette recette pour désendetter la ville, mais ce n’est pas ma stratégie. Je ne suis pas pour la politique d’immobilisme. Le problème de ces gens-là c’est qu’ils sont contre tout. Lorsque l’on est contre tout, on est immobile et on ne réinvestit pas. Je souhaite voir l’avenir de Fréjus à travers de nouveaux équipements publics, des écoles, un stade pour son équipe de football. C’est aussi des emplois créés demain sur la partie non naturelle de la Base Nature à la place des tôles immondes des services techniques. L’avenir ce n’est pas un recul démographique. Au dernier conseil municipal, j’ai entendu l’opposition dire « vous vous rendez compte, on sera bientôt 60 000 ! ». C’est la force de Fréjus d’avoir une démographie positive. Tous les pays, toutes les collectivités souhaitent avoir une force démographique importante, pour son équilibre, son dynamisme, son rayonnement. Ces gens vivent dans le passé et considèrent que nous devrions être de moins en moins nombreux, repliés sur nous-mêmes. Je ne veux pas vivre Fréjus comme une maison de retraite à ciel ouvert. Pour cela, il faut de l’emploi, des animations, des concerts. Il faut que ça vive, et c’est ce que je fais.

 

Il reste encore des terrains à vendre ?

 

Il y en aura nécessairement. Le PLH donne des objectifs clairs dans le domaine du logement social, et je respecterai ces objectifs.

 

Autre sujet sensible : la Base Nature. Richard Sert a longuement défendu le projet de la municipalité, mais nous ne vous avons pas entendu sur ce sujet. Pourquoi ?

 

Parce qu’il est mon adjoint à l’Urbanisme et qu’il faisait suite à une réponse au Forum Républicain. Je n’ai pas l’intention de polémiquer avec le Forum Républicain ou d’autres personnes que je considère comme non représentatif, puisque pas présent au conseil municipal. Par contre, je veux bien échanger avec la presse à ce sujet.

 

Très bien, alors votre avis sur ce sujet ?

 

Les projets de la partie non naturelle de la Base Nature, répondent à plusieurs objectifs. Le premier objectif, c’est de faire travailler nos services techniques dans de meilleures conditions. Aujourd’hui, les gens nettoient l’eau sur leur bureau à chaque fois qu’il pleut. Il faut des locaux neufs. Ensuite sur place, à mon sens, la ville de Fréjus a besoin de sortir de la saisonnalité. On peut trouver des idées pour que la ville soit plus attractive tout au long de l’année. À La Rochelle, l’aquarium reçoit 800 000 personnes par an. Je ne sais pas si on atteindra ce chiffre, mais si nous pouvons avoir 500 000 personnes qui viennent visiter l’aquarium que l’opérateur privé réalisera, alors j’en serai ravi. Ils viendraient été comme hiver, visiteront l’aquarium puis, ce que je souhaite, les commerces et autres activités de la ville.

 

Et l’Espace Festif ?

 

Quand j’avais indiqué qu’on allait faire une boîte de nuit, il ne fallait pas en faire du point de vue de mon opposition, et lorsque j’ai dit qu’on ne faisait pas de boîte de nuit, les mêmes se sont lamentés du fait qu’il n’y en a pas ! Voyez le sérieux des gens qui s’opposent à moi. La réalité est qu’il faut un espace festif. L’objectif est de permettre aux jeunes de passer une soirée sans prendre l’autoroute pour aller ailleurs.

 

Justement, les établissements alentour, notamment à Port Fréjus et Fréjus Plage, font déjà office de complexe festif ?

 

Le monde attire le monde, ne raisonnons pas en termes de concurrence. Les villes les plus attractives et dynamiques sont celles où vous trouvez partout des espaces festifs. Je suis persuadé que c’est l’addition d’espaces intéressants qui attire le monde. Ce n’est pas au détriment d’un quartier ou un autre, ce sera une force supplémentaire qui attirera encore plus de monde qui viendra dans ce complexe festif, mais pourquoi pas à Port Fréjus, Fréjus Plage ou Saint Aygulf.

Et l’hôtel ?

 

On ne voit pas très bien pourquoi nous serions les seuls, avec le nombre de touristes que nous accueillons, à ne pas avoir d’hôtel haut de gamme. Il m’apparaît que nous sommes très fort en hôtellerie de plein air, et en hôtellerie en général, mais il manque cet atout pour la ville de pouvoir recevoir une clientèle qui est une clientèle avec des moyens plus importants. Je ne rejette pas du tout les autres, c’est la force de notre commune. Là aussi, l’addition des clientèles, la recherche de nouvelle clientèle est à mon avis intéressante. Je tiens aussi à ajouter qu’outre les objectif d’emplois, d’attractivité et de dynamisme, ce projet apporte la création de nouvelles recettes. Les loyers appartiendront toujours à la ville, et les opérateurs paieront ces loyers à la ville, ce sont donc de nouvelles recettes qui viennent s’ajouter au budget.

 

Quid de la maison des associations ?

 

Elle fait partie du plan de réaménagement de la Base Nature. Nous travaillons avec les associations pour toutes les reloger. Par exemple, nous sommes en train de trouver une solution pour déplacer l’association Lou Misteriou à l’Espace Caquot. Vous pensez bien qu’on ne va pas retirer les associations sans solution alternative.

 

Passons à la culture. La Patrouille de l’Événement c’est finie, les « Nuits 2 Fréjus » ont été annulées de moitié. C’est si difficile que ça d’organiser une manifestation aux Arènes ?

 

La preuve que c’est possible est que vous avez vous-même réussi l’événement Néonsplash. Ce n’est pas simple, ça demande des moyens importants et je soutiendrai tout opérateur qui nous proposera des manifestations. Nous ne sommes que des « entremetteurs », car nous louons les Arènes à des opérateurs plus ou moins performants. On a fait venir des grands noms de la chanson française comme Amir ou Slimane. Maintenant, je crois savoir que l’opérateur en question a fait de la publicité assez tard, car ils ont signé les artistes assez tard. Il faut revoir tout ça. Quand je pense à la Culture, je pense à tous les succès et toute la dynamique que j’ai mis en route à Fréjus. À la Base Nature, nous avons reçu Johnny Hallyday, Bob Sinclar et cette année Martin Solveig. Le cinéma plein air a très bien fonctionné. Les scènes en liberté ont parfaitement marché. À Saint-Aygulf, sous l’impulsion d’un DJ local bien connu, il y a l’événement Summer Vibes qui marche très bien. Tout ça est éminemment positif. Il faut encore travailler les Arènes, mais nous avons fait beaucoup pour la Culture. Il faut en faire encore plus, car c’est important pour notre jeunesse, c’est fondamental pour les Fréjusiens et pour les touristes de venir dans une ville riche de patrimoines et de culture.

Depuis le début de votre mandat, de quoi êtes-vous le plus fier ?

 

Je parle souvent des enjeux financiers, mais ce n’est vraiment pas tâche facile que de reprendre la gestion d’une ville si endettée et aux difficultés économiques très nombreuses. Ceux qui nous expliquent aujourd’hui qu’il eut fallu attribuer les sommes des ventes de certains terrains communaux non stratégiques au désendettement total de la ville sont les mêmes qui ont vendu pour 30 millions d’euros en une seule année les terrains de Port Fréjus II, sans avoir fait les travaux, puisque c’est nous, les Fréjusiens qui continuons à payer alors que le projet devait être réalisé depuis bien longtemps. Je suis fier d’avoir redressé les finances de la ville. Il a fallu énormément de travail et de volonté pour redresser la barre, le tout sans augmenter d’un centime les impôts. La taxe sur les ordures ménagères a baissé de quelques points encore. C’est un tour de force que nous avons réalisé.

 

Et le moins fier ?

 

Le manque de succès aux Arènes est quelque chose qui me déçoit. On s’investit beaucoup, on essaie de faire au mieux, on fait confiance aux opérateurs et que quand le succès est au rendez-vous partout ailleurs dans la ville sauf aux Arènes, nous le prenons en considération et allons redoubler d’effort pour corriger le tir.

 

Quel est le grand futur chantier de la municipalité ?

 

Il y en a beaucoup, et dans chaque domaine. L’équipement sportif, le Pôle Enfance, l’Aquarium, la refonte du front de mer. Il y a énormément, mais celui dont j’ai le plus hâte peut être est l’aquarium. Je crois beaucoup à ce projet. Je souhaite voir les rues de ma ville remplies toute l’année, que l’activité ne s’arrête pas après le Roc d’Azur, et je suis sûr que l’aquarium et tout le complexe autour sera d’une grande efficacité.

 

Vous êtes serein pour les municipales ?

 

Je suis très serein avec le sens du devoir accompli, aussi parce que le résultat d’une élection est toujours un bon moment quelque soit le vainqueur. C’est le peuple qui parle et qui tranche. J’ai un grand respect de la vérité du peuple. Je l’ai d’ailleurs démontré parce qu’il y a peu de responsables politiques qui écoutent ses administrés et de les consulter.

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