*Chers opposants aux maires des villes, à la CAVEM ou au député de notre circonscription,

Chers trolls,

L’équipe du magazine “Bah Alors” vous souhaite une bonne lecture et souhaite vous préciser deux choses. Tout d’abord, les interviews que vous lisez ont été retranscrites à l’identique. Nous avons posé des questions, ils ont simplement répondu. Aussi, ne nous tenez pas rigueur de la teneur des propos. Enfin, si vous souhaitez y répondre, sachez que le droit de réponse existe, que vous pouvez nous envoyer vos réactions, et si vous représentez un mouvement politique, une association ou autres, nous vous éditerons sur internet.*

Maire de Roquebrune-sur-Argens depuis août 2016, Jean-Paul Ollivier, « l’enfant du pays »,  s’est notamment donné pour objectif d’apaiser toutes les tensions, de fédérer autour du Rocher et surtout de mener la barre du bateau Roquebrune au moins jusqu’en 2020…

 

Jean-Paul Ollivier, vous êtes élu du Conseil municipal de Roquebrune-sur-Argens depuis 1989, exerçant plusieurs délégations. Aujourd’hui, vous êtes Maire de la commune. Est-ce que le rôle de premier magistrat change votre façon de travailler ?

 

Non, pas du tout car lorsque j’étais Premier adjoint on me surnommait « le maire bis » : j’étais très présent sur le terrain ou en mairie, et très actif dans mes Délégations car connaissant bien mes dossiers. Devenir maire est l’étape ultime : c’est plus intense car c’est une fonction qui s’exerce toute la journée et tous les jours, encore plus que Premier adjoint. Cela n’a pas changé, sauf que maintenant j’ai un pouvoir global de décision que je n’avais pas auparavant…

 

Qu’est-ce qui a changé à Roquebrune depuis que vous êtes Maire ?

 

Ce qui est indéniable et que tout le monde s’accorde à reconnaître c’est que j’ai réussi à restaurer un climat d’apaisement qui est profitable à tout le monde. Cet apaisement me permet d’être davantage accessible et disponible. Je ne suis pas seulement dans mon bureau, mais aussi en visite dans les quartiers, je tiens des permanences dans les mairies annexes des Issambres et de la Bouverie… Et puis, il y a toute la vie municipale d’un Maire comme les mariages, les assemblées générales, les manifestations patriotiques ou encore culturelles et sportives : j’essaie d’aller partout et je suis extrêmement sollicité.

 

Quand vous parlez d’apaisement, vous faites référence à vos opposants ou aux collectivités ?

 

Je m’étais engagé à obtenir cet apaisement : il fallait rétablir des relations avec les collectivités locales, la Préfecture et la Sous-préfecture, le Conseil départemental… J’ai réussi à renouer les contacts avec tous les élus du bassin de vie : on peut dire que Roquebrune est de retour dans le concert des collectivités ! C’est une ville qui compte à nouveau, qui est respectable et respectée, voire parfois jalousée.  

 

De quoi êtes-vous le plus fier ?

 

Outre tous ces contacts, je suis fier également d’avoir réaffirmé la force et la primauté de la gestion directe publique. C’est une mission noble dont le but est surtout de défendre l’intérêt général, garant de l’équité au-delà de l’intérêt particulier. Ce retour dans le giron public direct a été effectué sans autoritarisme, en pratiquant le dialogue systématique et la concertation. Par exemple, en quelques mois, et en accord avec le contrôle de légalité, il a été décidé la fin de la SARGET et de plusieurs EPA municipaux.  Par ailleurs j’essaye de gérer avec la compétence qui est la mienne, avec mon style propre et mon expérience. Le mot-clé c’est le bon sens : vous savez que je suis un enfant du pays. Je suis un Roquebrunois qui a les pieds tanqués dans la terre au pied du Rocher ! J’ai de l’ambition, des projets…

De quoi êtes-vous le moins fier depuis le début de votre mandat ?

 

Ce que je regrette le plus, c’est l’incivisme et l’incivilité de certaines personnes. Cet incivisme concerne bien des aspects de la gestion municipale comme les poubelles par exemple : c’est un problème récurrent, en particulier dans le quartier des Issambres. On fait ce qu’il faut mais on se heurte à des comportements inciviques et c’est compliqué. Pour certains, si un sanglier renverse une poubelle parce qu’elle est mal attachée, c’est la faute de la mairie !

 

Ces commentaires viennent de vos opposants ?

 

À Roquebrune, ils sont particulièrement présents sur les réseaux  « sociaux » : je suis pour le dialogue et j’essaie de discuter avec tout le monde mais lorsqu’on a affaire à des gens qui s’abritent derrière l’anonymat, c’est une forme de lâcheté.  Ces personnes se croient autorisées à dire n’importe quoi sur n’importe quoi, en calomniant honteusement. Ce manque de courage c’est misérable et ça ne grandit pas ses auteurs…

 

Est-ce que ça vous touche ?

 

Non, parce que les réseaux sociaux, c’est éphémère. Ça fait le « buzz » un certain temps et cela disparaît ensuite. Malgré tout, on est obligé d’y jeter un œil…

 

Auriez-vous un exemple ?

 

Oui, très récent : les Médiévales ont lieu tous les deux ans au Village. Cette année, elles devaient être organisées mais elles n’ont pas eu lieu. Une subvention était prévue, mais pour des raisons de sécurité, le bureau de l’association  lui-même a décidé de ne pas maintenir la manifestation sous la forme prévue. Et l’opposition a écrit que la mairie avait annulé la manifestation parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer la subvention ! C’est tout le problème d’Internet et de ce qu’on appelle les « fake news » : d’où sort l’information et quel est le média qui l’a produite ? Sa transmission sans vérification est aggravée par l’anonymat, et la virulence des commentaires qui suivent.

 

Imaginons que vous pouviez changer quelque chose dans la commune en un claquement de doigts. Que feriez-vous ?

 

« Vaste programme » comme dirait le Général De Gaulle ! Réaliser en un claquement de doigts toutes les doléances des citoyens, des familles, des conseillers de quartier ? En matière d’investissement, nous avons des travaux de rénovation et d’équipement concernant les bâtiments, le matériel ou encore l’état des routes. Vous savez, sur notre commune, il y a plus de 200 kilomètres de voirie ! Forcément, nous ne pouvons pas rénover toutes les routes en même temps. Et donc si on pouvait « claquer des doigts » pour refaire toutes les routes d’un coup, ce serait formidable ! Egalement, je souhaiterais bien sûr, supprimer la précarité, la dépendance ou encore davantage insérer le handicap. Nous avons une commune qui a la volonté de bien prendre en compte le handicap, au travers d’handiplage par exemple et bientôt d’un handitennis. Tout cela pour aboutir à une communauté de vie plus harmonieuse, plus solidaire et plus fraternelle.

C’est quoi le programme du maire Ollivier ?

 

Il est à deux niveaux. Tout d’abord, le quotidien qu’il convient sans cesse d’améliorer, de conforter, de rénover pour que les citoyens aient la meilleure qualité de vie. Nous avons un cadre de vie qui est déjà exceptionnel, et nous souhaitons que la qualité de vie soit à la hauteur, pour tous ! Ce n’est pas facile tous les jours, mais on avance. Ensuite, il y a les grands projets dont la ville et la population ont besoin pour le progrès, l’essor et le développement. J’étais à la présentation de l’opérateur qui va réhabiliter la place San Peïre. J’étais fier d’avoir organisé cette procédure en toute transparence et démocratie, dans le cadre d’un appel à projets. Les commerçants et les riverains sont satisfaits de constater qu’on va embellir et équiper cette place dans l’intérêt général et dans leur intérêt en particulier. Nous avons le PLU aussi qui va sortir très prochainement. Celui-ci a fait l’objet de beaucoup de réunions et de concertations avec la population. Et il y a les autres projets dans lesquels l’équipe municipale s’est beaucoup investie : le bio et les circuits courts dans les cantines ou encore les efforts réalisés au niveau de la Maison du Terroir pour la réouvrir. D’ailleurs, nous avons pour projet d’en créer une nouvelle aux Issambres.

 

Pensez-vous aux élections municipales de 2020 ?

 

2020, j’y pense et d’aucuns m’y font penser aussi. Aujourd’hui, je dis « chaque chose en son temps ». Je suis maire depuis deux ans et j’entends réussir cette fin de mandature. Donc mon ambition est dédiée à la commune et à ses habitants. Toutes les manœuvres politiciennes qui se mettent en place c’est un peu déplacé, car c’est un peu tôt. Aujourd’hui à Roquebrune, il y a déjà quatre ou cinq listes en préparation, et donc autant de maires potentiels. Tout d’abord, il faut qu’ils arrivent jusqu’au bout en trouvant les 33 personnes pour composer leurs listes ! Ça s’agite dans le landernau mais je crois que beaucoup n’ont pas de programme bien précis, ni de soutien… Moi, je travaille pour Roquebrune et je prendrai ma décision lorsque je le jugerai nécessaire. J’estime être le seul à avoir la légitimité et la crédibilité aujourd’hui. Pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron, « je suis le maître des horloges » !

 

Alors vous vous représenterez ?

 

J’annoncerai ma décision aux administrés lorsque le temps sera venu… Je tiens à ajouter une chose. Je suis maire et élu communal depuis longtemps : je n’ai jamais eu la grosse tête et je pense que je ne l’aurai jamais. Ce qui me différencie des autres acteurs politiques de Roquebrune, c’est que j’éprouve toujours le même plaisir qu’à mon premier jour d’élu, il y a presque 30 ans. Le plaisir de servir ma commune est le même aujourd’hui en tant que maire.

 

L’an dernier, nous nous sommes rencontrés pour discuter du programme culturel de la ville. Y a-t-il des nouveautés ?

 

Oui. Nous avons signé une convention avec Les Estérelles. C’est une association qui fait un travail remarquable chez nous mais aussi dans les villes alentour. Nous travaillons en étroite relation avec les Estérelles qui organisent les nombreuses soirées « Tout en Art » (théâtre, musique, exposition) à l’espace Robert Manuel des Issambres. Ce sont des gens très compétents et très organisés ; nous avons de la chance de les compter parmi nos partenaires. Ainsi, nous leur avons même confié la direction et la gestion du Festival de Jazz l’été aux Issambres. De même, nous avons trouvé un nouveau partenariat pour organiser les marchés nocturnes du Village durant l’été, les « Nocturnes des Créateurs ». Cela a très bien fonctionné et nous allons le reconduire. Enfin, il y a un nouveau service du Patrimoine qui a mis par exemple à l’honneur le site archéologique du Rocher qui était un peu délaissé, ses membres ont beaucoup d’idées d’expositions, de manifestations sur le patrimoine. Nous avons également inauguré une stèle qui commémore le débarquement aux Issambres, fidèle au devoir de mémoire qui nous est cher.

 

Quid du Rocher de Roquebrune à l’UNESCO ?

 

Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que cela prend du temps ! C’est un dossier long à concevoir. Le service du Patrimoine y travaille, en liaison avec la commission des Grands Sites. Le Rocher continue toujours à concourir pour le classement au patrimoine de l’UNESCO.

 

Vous estimez que cela prendra combien de temps ?

 

C’est un processus administratif très complexe. C’est tout un travail à faire au niveau local, pour être porté vers les instances nationales. Plus tard, lorsqu’il passe l’étape des ministères et du gouvernement, le dossier devient international. C’est un projet de longue haleine mais c’est un projet qui se veut surtout fédérateur.

 

Et qui fédère tous les politiques aussi, j’imagine ?

 

Bien sûr. Personne ne veut se tirer une balle dans le pied et refuser que le Rocher bénéficie de cette notoriété. Ce n’est pas une communication politique, mais une communication positive de mobilisation. Quand on voit les dizaines de milliers de vues du reportage vidéo de TF1 sur le Rocher, je pense que tout le monde est d’accord pour dire que c’est le meilleur coup de projecteur que nous pouvons réaliser pour notre ville et ses richesses naturelles.

 

Pour finir, un reportage TV a longuement parlé de la Hell’s Week. Quel est votre avis sur la situation ?

 

J’ai « hérité » de cette manifestation. Mais je pense que finalement, aujourd’hui, il y a un renversement de situation et les gens se l’approprient davantage qu’au début. Malgré le reportage diffusé et certains commentaires, orientés, sur Internet, on ne peut pas nier que sur le plan économique et touristique, c’est une réussite. Une restauratrice du village m’a confié que c’est 600 couverts de plus par jour, durant les 3 jours que dure la manifestation : ce n’est pas négligeable !

 

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