*Chers opposants aux maires des villes, à la CAVEM ou au député de notre circonscription,

Chers trolls,

L’équipe du magazine “Bah Alors” vous souhaite une bonne lecture et souhaite vous préciser deux choses. Tout d’abord, les interviews que vous lisez ont été retranscrites à l’identique. Nous avons posé des questions, ils ont simplement répondu. Aussi, ne nous tenez pas rigueur de la teneur des propos. Enfin, si vous souhaitez y répondre, sachez que le droit de réponse existe, que vous pouvez nous envoyer vos réactions, et si vous représentez un mouvement politique, une association ou autres, nous vous éditerons sur internet.*

Paul Boudoube vient de passer sa dixième année en tant que maire de la commune de Puget-sur-Argens. Nous l’avions rencontré en décembre pour parler des commerces et aujourd’hui nous faisons avec lui un retour sur ses années de mandature et celles à suivre. Au programme : réalisation, jeunesse et opposition.

 

Monsieur Boudoube, vous êtes à votre deuxième mandat de maire. Selon vous, est-ce que la fonction a changé depuis que vous êtes à ce poste ?

 

Beaucoup de choses ont changé. J’ai toujours pour principe la fidélité. Actuellement, vous n’avez plus les oppositions en face. C’est une traîtrise déguisée qui se produit, et je n’aime pas ça. Dans la vie, la première honnêteté à avoir c’est de savoir où on veut aller. Quand on est avec quelqu’un, on est fidèle. Il faut savoir que les échéances électorales vont devenir violentes. Pour faire de la politique, il faut établir des bilans, et je sais que vous allez y venir. J’estime notre bilan très positif. Nous avons sur la totalité de Puget, une fiscalité basse. Je peux vous sortir le rapport de la Chambre Régionale des Comptes. Si nous nous référons à la strate, nous sommes, selon eux, fiscalement trop bas. Et même si cette année nous avons légèrement monté la taxe d’habitation, nous sommes toujours peu élevés. Malheureusement pour la commune, comme les taxes d’habitation et de foncier bâti sont basses, elles ne rapportent que très peu. La taxe d’habitation c’est 1,7 million d’euros, et le foncier est aux alentours de 2,1 millions. Puget a toujours vécu sur l’ex taxe professionnelle et sur sa compensation. Sans cela, il n’y aurait pas de mairie de Puget.

 

À ce jour, de quoi êtes-vous le plus fier dans votre mandat ?

 

Des réalisations. Il suffit de voir comment la ville de Puget était avant et ce qu’elle est devenue. D’aucuns diront que nous avons bétonné. Peut-être, mais il faut voir les ouvertures qui ont été faites. Ma volonté a été d’établir des espaces et de pouvoir passer. On passe sous la RDN7 aujourd’hui. Même s’ils critiquent nos décisions, les opposants passent dessous et sont ravis de ne plus marquer l’arrêt. Sans compter le côté accidentogène qui a provoqué la mort d’une petite fille. Il y a d’autres voies que nous avons réalisées et qui ouvrent le centre ville à l’extérieur. Nous intervenons dans le montage financier de la trémie mais nous avons ouvert aussi le boulevard du progrès, la rue Gabriel Peri qui communique totalement avec le boulevard de la Liberté, le boulevard Costamagna sur Cœur de Village. D’ailleurs cette résidence a reçu un prix pour la conservation des espaces verts. Il y a l’Ehpad, la bibliothèque et prochainement la nouvelle école. Ensuite, si quelque chose a été plus délicat, c’est la reconstruction du centre-ville. Une partie qui était complètement insalubre et inhabitée a été détruite. Alors, c’est bien beau de casser mais il faut reconstruire après. Là nous avons de petits problèmes de retard qui ne sont pas liés à la mairie. Ils sont liés aux problèmes d’opposition qui nous ont beaucoup retardés. Il y a eu plus de vingt poursuites, venant de la même personne pour un soi-disant appartement qui n’aurait pas été assez valorisé. Cette personne, procédurière, nous a emmenés jusqu’en Conseil d’État. Elle en est même arrivée à poursuivre le Préfet et la municipalité pour faux en écriture publique. Ahurissant ! Nous avons eu des procès, car quand la mairie veut créer quelque chose, par principe, on s’oppose. C’est ce qui me désespère un peu car les mêmes personnes qui s’y opposent me demandent quand la construction va commencer. C’est tout le paradoxe.

 

Et le moins ?

 

Le fait d’avoir perdu une unité et une confiance entre l’ensemble du conseil avec qui nous étions élus. Non pas les opposants qui sont de fait opposés à nous mais les gens à qui nous avons fait confiance et à qui nous avons donné des responsabilités et des indemnités. Ceux-là crachent par-derrière, estimant être meilleurs que nous et mieux placés. C’est une situation humaine : les gens pensent que nous avons vieilli et la jeunesse pense apporter quelque chose de nouveau. On aurait besoin de ces gens-là, il n’y a aucune raison qu’il n’ait pas le droit à la parole. Encore faut-il la mériter.

 

MM Manganelli ou Verchère entre autres ont quitté la majorité en cours de mandat, comme vous avant de devenir maire de la ville. Comment percevez-vous cette situation ?

 

Leur leitmotiv est de dire que j’ai fait la même chose avant 2008 en quittant la majorité de mon prédécesseur. Mais la différence est que je n’ai jamais trahi Del Gallo, c’est lui qui m’a viré. J’étais adjoint aux Finances, on s’accrochait sur certains dossiers et un jour il m’a supprimé mes délégations. Cette fois c’est différent : il y a une volonté personnelle d’arriver au poste de commandement. Un jour, une personne du conseil est venu dans mon bureau pour me dire en face : « tu vires Morenon, je prends sa place, je finis avec toi de couper les rubans et de mettre en valeur la mairie, sinon je vais dans l’opposition et je te casse ». Je suis un matheux et ces paroles me fâchent car l’équation ne ferme pas. D’un côté, la personne est assez fière pour occuper la deuxième place de la mairie, de l’autre si je n’accepte pas il va dans l’opposition. Ensuite, pour monsieur Manganelli, j’avoue m’être trompé. S’il était resté dans notre mouvance, je pensais qu’il aurait pu me succéder, mais ça a explosé. S’il y a trois listes à Puget, nous allons amener le RN en mairie. Reste à savoir quelle sera la bonne solution. Le comble est que mon opposition est maintenant unie ! Lorsque que nous nous sommes réunis avec Jacques, j’étais de tradition gaulliste et lui socialiste. On en a discuté, on a pris des accords. D’ailleurs lors des élections 2018, Jacques était arrivé devant moi au premier tour et m’a cédé la place de tête de liste au second. Là, cette réunion est absurde, il n’y a aucune cohérence.

 

Comment voyez-vous 2020 ?

 

Je n’avais pas l’intention de me représenter et je l’ai dit à plusieurs reprises. Vous savez, j’ai même eu des avances politiques qui viennent de partis qui représentent pour moi des partis extrêmes. Ils viennent me dire que si je le souhaitais, l’élection serait toute gagnée en faisant une alliance avec eux. Mais je ne le ferai jamais. Actuellement si le maire ne fait pas valoir sur sa pseudo-notoriété qu’il peut se représenter, ça gangrène une partie de sa majorité et on arrive à de mauvaises choses. Alors, le 16 janvier 2019, j’annoncerai ma candidature ou non lors des vœux à la population. Aussi je tiens à rappeler qu’en 2008, nous étions arrivés avec une dette de 8,4 millions d’euros. Nous laisserons ou nous conserverons les clés de la mairie en laissant à la ville une dette d’environ 9,2 millions d’euros. C’est une augmentation très faible vue les réalisations que nous avons effectuées.

 

Qu’avez-vous fait pour les plus jeunes ?

 

On a des restaurants scolaires qui sont faits en régie. D’ailleurs je me suis déjà fait attaqué sur le fait qu’un repas qui coûte aux alentours de neuf euros était distribué pour deux euros soixante. Mais pour moi, je pense que pour certains enfants c’est le seul moment où ils peuvent manger un vrai repas. C’est quelque chose que je trouve important. On a une cuisine très moderne, qui nous avait valu les foudres de l’opposition. Aujourd’hui elle fonctionne bien et avec la nouvelle école, on se rend compte qu’elle tournera à plein régime sans que nous déboursions plus. Aussi, avant notre mandature, il n’y avait pas de maison de jeunes ni de centre aéré ouvert le mercredi. Aujourd’hui, cela fonctionne très bien. Nous avons développé la forêt de Puget. Nous avons même trouvé un accord avec la Société de Chasse. Nous avons une forêt qui est très belle où on peut se balader facilement jusqu’au lac. Il y a trois étapes, le côté nord de la forêt et Puget Plage au sud. J’y suis allé plusieurs fois pour manger et c’était très apaisant. Il n’y avait pas de « violence » : on voit des gens arrivaient en kayak, c’est calme… Enfin, nous avons l’idée d’améliorer la fête locale. C’est une idée intéressante qui vient de jeunes de mon équipe : coloration de certaines rues, utilisation des arbres, etc. C’est une bonne idée qui peut faire vivre le centre-ville. Aussi, il y a beaucoup de manifestations loisirs et évasions comme les trails.

 

Vous nous énumérez beaucoup de réalisations, et nous savons que Puget va continuer d’accueillir de nouveaux habitants. Est-ce que vous jugez que toutes ces constructions seront suffisantes ?

 

De notre côté, nous pensons qu’il en faudra encore. Mais les terrains vont se réduire. Puget c’est une petite commune 2600 hectares. Au nord ce sont des zones naturelles et au sud des zones inondables. Il n’y a qu’un tiers de constructibles. Alors les années nous feront arriver rapidement au bout.

 

Quid des logements sociaux ?

 

Nous ne sommes pas carencés. Mais tout en n’étant pas carencé, on paye 182 000 euros d’amende simplement parce que la loi a été modifiée. Le nombre de logements y est mais ils ne sont pas encore tous livrés comme au Picoton où il y a 62 logements livrables mais en cours de construction. Il ne faut pas oublier que l’État nous impose des restrictions de construction. D’ailleurs sur les logements du Picoton, il y a eu un retard de près de 18 mois à cause d’une espèce protégée de fleur qu’il fallait déplacer dans un espace protégé ! Quoi qu’il en soit il est dommage de devoir payer cette amende alors que le nombre de logements sociaux est là.

 

Vous n’avez jamais eu de problèmes suite à la création de ces logements ?

 

Une fois, mais c’était un cas isolé. Sinon je n’ai jamais reçu de plainte de citoyens au sujet des logements sociaux. Vous savez que je méfie des a priori et voilà un bel exemple. J’ai plus de souci à régler dans les beaux lotissements que dans les quartiers où il y a des logements sociaux. Aussi, j’estime que le maire devrait pouvoir mettre en priorité les gens de sa ville qui font une demande de logement, plutôt que de déléguer cette tâche à la Préfecture. Cette situation est mauvaise. Les gens qui s’installent dans les logements sociaux ne posent aucun problème mais on les a attribués à des gens qui vivent et travaillent à Draguignan. C’est une ineptie, la personne doit faire tous les jours l’aller-retour à Draguignan pour travailler. C’est absurde lorsque l’on voit les demandes de logement de Pugétois. Sur les onze derniers logements sociaux, nous avons pu en attribuer seulement quatre à des habitants de la ville.

 

Quelles relations avez-vous avec les nouveaux arrivants ?

 

Nous allons relancer les réunions d’accueil pour les nouveaux arrivants mais j’en rencontre déjà beaucoup. Les gens qui construisent à Puget ont souvent des racines à Puget. C’est assez amusant comme retour aux sources.

 

Lors de notre dernier entretien, vous nous aviez dit espérer voir les travaux du centre-ville débuter en janvier de cette année. Où en sont le bailleur social et la mairie ?

 

C’est un peu retardé, mais le désamiantage a été effectué. Nous rencontrons Erilia (le bailleur social, NDLR) au début du mois d’octobre, et je pense que la démolition et la reconstruction débuteront en début d’année prochaine. Ils l’ont promis avant, mais je préfère l’annoncer ainsi.

 

L’an dernier vous espériez que cela se fasse en 2018 ?

 

C’est exact. Nous avons tout intérêt que cela se fasse, car nous avons reçu des subventions pour ce projet. Nous ne pouvons pas l’arrêter en route, il faut qu’il se réalise réellement. Nous avons régularisé les quatre commerces qui seront dessous et qui appartiendront à la mairie. Le projet reste le même, et un autre s’est greffé dessus. Nous avons acheté toutes les maisons insalubres de la rue Saint-Jean et nous avons relogé les gens qui y vivaient. Maintenant, il faut les casser pour élargir la voie. La démolition ne sera pas simple car les maisons étant anciennes et imbriqués les unes aux autres, il va falloir déconstruire. J’ai demandé des études complémentaires et nous faisons une modification budgétaire de l’ordre de 10 000 euros au prochain conseil municipal pour cela. Tout cela devrait être réalisé en 2019.

 

Quid de la Trémie ?

 

La trémie est un accord avec la CAVEM mais qui avait été aussi une discussion avec Fréjus. La RDN7 c’est 45 000 véhicules jour et il ne faut pas rêver, dans quelques années, même si le fruit ne va pas être porté tout de suite, on ne pourra plus rouler. Faire une RDN7 bis, passant par le tracé sud, derrière la zone de la Palud, les terrains Pic, chez nous au Jas Neuf et rejoindre Descours & Cabaud est essentielle. Le rond-point de Descours & Cabaud est d’ailleurs la première pierre à l’édifice. Leroy Merlin s’est installé et a largement participé financièrement.

 

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