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Les opposants au projet de la Base nature avancent comme argument qu’il y a un coût pour le changement de destination des bâtiments et que la municipalité en sera redevable. Pourriez-vous nous en dire plus ?

La Base nature est construite actuellement à hauteur de 40 000 m2. L’acte authentique de vente comporte une clause qui stipule que si on remplace des équipements publics par d’autres équipements publics, on peut le faire sans verser de complément de prix à l’Etat. Si on change la destination des bâtiments, c’est à dire si l’on transforme un équipement public en autre chose, on peut le faire à condition de verser une somme à l’État qui s’élève à un peu plus de 230 € par m2. L’attributaire du bail à construction pour l’hôtel devra verser cette somme à l’Etat.

Y-a-t-il eu des études sur le projet ?

Il y a eu une étude. Nous avons consulté un certain nombre de professionnels pour valider l’idée de construire un hôtel de prestige, un aquarium et un complexe festif sachant que dès 2014 nous avions proposé de mettre en place des équipements autour des métiers de la Mer.

Un hôtel étant en front de mer, que va devenir la plage ?

Il y aura le renouvellement des concessions de plage de Fréjus-Plage et de la Base Nature en 2021. Sur chaque concession de plage, nous sommes limités, pour l’ensemble des lots de plage d’une concession, à 20% de la surface de la plage. L’étendue des plages ayant diminué depuis 2009, la surface autorisée pour les nouvelles concessions de plage, et notamment pour celle de la Base Nature, sera inférieure à ce qu’elle est dans les concessions actuelles

Que vont devenir les associations qui doivent quitter leurs locaux qui seront remplacés par le complexe festif ?

Nous sommes en train de travailler sur leur relogement. Nous tenons à trouver une solution pour toutes les associations sans rien changer au montant de leur loyer. J’insiste aussi sur la vétusté des locaux que les associations ont aujourd’hui à leur disposition.

Beaucoup ont peur de voir la Base nature, après ces réalisations, perdre à l’avenir du terrain « nature » pour voir pousser d’autres bâtiments. Est-ce qu’ils ont des raisons de craindre cela ?

Nous avons pris l’engagement de ne pas construire plus de m2 que le nombre de m2 déjà construit. Il n’y a aucune crainte à avoir quant à une éventuelle expansion du bâti sur la Base. En outre, je rappelle que les bâtiments comme ceux des Services techniques sont interdits au public. Personne ne va à cet endroit. Ce que nous proposons est en fin de compte une plus grande ouverture de la partie bâtie de la Base nature au public.

en est la municipalité des recherches de partenaires ?

Pour l’hôtel et le complexe festif, il y a de nouvelles procédures pour rechercher des attributaires. La première procédure pour l’hôtel avait reçu plusieurs offres, mais les candidats se sont rétractés pour diverses raisons. Pour l’aquarium c’est différent. Nous avons sélectionné les candidats et aujourd’hui nous allons leur demander de nous envoyer leur offre.

Au sujet de l’aquarium, José Bové a lancé une remarque : « Pourquoi aller s’enfermer dans un bâtiment en bord de mer pour voir des poissons ? » Qu’en pensez-vous ?

Nous ne retrouverons pas forcément des poissons que l’on voit en Mer Méditerranée. Il y aura de toute façon des espèces qu’on ne trouve pas en bord de mer. Et puis il n’est pas donné à tout le monde la possibilité de descendre sous l’eau pour découvrir toutes les espèces que nous pourrons découvrir. L’Aquarium est fait pour cela. Je vous rappelle que le musée océanographique de Monaco, comme beaucoup d’aquariums, est aussi en front de mer, et cela ne dérange personne.

Le complexe festif ne va-t-il pas détériorer encore plus la situation des commerces de proximité ?

Ce n’est pas en créant moins de concurrence que l’on fait venir les gens. Si vous avez des équipements attractifs, les gens vont venir consommer dans ces nouveaux équipements, mais aussi découvrir le reste de la ville.

Mais il y a déjà des établissements connues. Ne pensez-vous pas qu’ils soient mis à mal par le complexe ?

Il y a quelques restaurants connus, mais peut-être pas de « locomotive ». Ces bonnes adresses déjà installées sont connues localement, mais pas suffisamment pour attirer des gens des communes voisines ou d’ailleurs. Le complexe se veut être une locomotive.

Quid des recettes ?

Pour étudier les recettes, nous avons fait du « sourcing ». Nous avons, en interne, fait nos recherches et recoupé toutes les informations sur les autres projets de ce genre en France. Par exemple, il y a un hôtel de prestige qui s’est construit récemment à Menton. Les recettes engrangées par la ville s’élèvent à 21 millions d’euros pour un bail de 70 ans, soit une redevance annuelle en moyenne de 300 000 euros. Un hôtel qui ressemble à celui que nous souhaitons implanter dans notre ville.

Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’une étude faite par un cabinet spécialisé ?

Pour des questions de coût principalement. Le sourcing nous permet de voir la faisabilité sans coûter plus à la ville. C’est une méthode autorisée par la loi.

Certains administrés pensent que la Base nature aurait eu aussi une portée électorale compte tenu des délais initiaux qui annonçait une livraison du projet en 2020. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Alors d’une part, le projet est lancé et les procédures sont en cours. Et ce projet a déjà été largement débattu et commenté. Nous avons eu une délibération en Conseil municipal, beaucoup se sont exprimés sur le sujet — parfois d’ailleurs sans trop savoir de quoi ils parlaient —, mais surtout le Maire a eu à de nombreuses reprises l’occasion d’échanger avec les habitants, dans les conseils de quartier, dans ses réunions, et franchement en dehors de quelques oppositions de principe de la part de certains, ce projet est attendu et apprécié. Et puis nous avons été élus pour 6 ans, et nous travaillons sur 6 ans. On ne va pas tout arrêter 18 mois avant une élection, et ensuite avant une autre, etc., sinon on ne fait plus rien !

N’est-ce pas plus sage, comme le suggère le Forum Républicain, de porter ce projet au débat municipal ?

Il faut rappeler clairement de quoi il s’agit : supprimer des bâtiments totalement vétustes et qui défigurent notre bord de mer, personne ne peut dire le contraire, pour d’une part permettre aux services municipaux de travailler dans de bonnes conditions, et d’autre part renforcer notre attractivité. On va faire un aquarium, qui va attirer plusieurs centaines de milliers de personnes toute l’année, et qui va être un magnifique outil d’apprentissage et d’étude pour nos jeunes Fréjusiens. On va faire un hôtel de qualité, c’est aujourd’hui un manque à Fréjus. Grâce à ces équipements, il pourra y avoir du tourisme d’affaires, là encore toute l’année. Économiquement, c’est un plus énorme pour notre ville. Et on va faire un complexe avec des endroits où les jeunes — et les moins jeunes ! – pourront sortir et s’amuser, pas sur le modèle d’une « boîte » classique, qui est un peu dépassée, mais avec une variété d’ambiances, de musiques, etc. Là encore, c’est quelque chose qui manque à Fréjus. Et je rappellerai encore une fois qu’on reste propriétaire des terrains, qu’on ne construit pas un mètre carré supplémentaire par rapport à l’existant, qu’on ne touche pas à la partie naturelle de la Base et que les futurs bâtiments auront une qualité écologique sans comparaison avec les actuels. Alors après on peut être contre, je le comprends, comme on peut être contre l’électricité, l’eau courante, le tourisme et que sais-je encore. Mais pour le Maire et toute l’équipe municipale, nous considérons que notre mission, c’est de préparer l’avenir de Fréjus. C’est ce que nous faisons.

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