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Le Forum Républicain, conteste depuis le début les projets de la municipalité de Fréjus sur la Base Nature. Bernard Dimon nous répond.

Quel est votre regard sur ces projets ?

Nous sommes favorables à la relocalisation des services municipaux, hébergés dans des conditions peu acceptables, et nous estimons que la Base Nature doit bénéficier d’un projet d’ensemble ambitieux. Pour autant faut-il « donner » ces terrains à des opérateurs privés et « bétonner » le front de mer ?  Nous ne le pensons pas !

Une volonté  des acheteurs remise en cause

Comme l’a clairement exprimé François LEOTARD dans une interview à Var Matin,  il est clair que l’intention des décideurs publics était bien de réserver la surface construite exclusivement à des équipements publics. En s’engageant vers une forme de « privatisation » et en laissant des promoteurs privés « bétonner » le front de mer notamment en y construisant un hôtel de “prestige” de 100 chambres, la ville renie les engagements de ses prédécesseurs. Certes, il existe une clause de sauvegarde, qui prévoit qu’en cas de modification quantitative ou qualitative de la surface construite, un complément de prix serait versé à l’Etat d’un montant variant de 145€/m² à 300€/m² (valeur 2018, NDLR).

La ville a fait des études à ce sujet ?

Manifestement non et c’est bien le principal reproche que nous leur faisons. Nous regrettons qu’aucun projet d’ensemble n’ait été réalisé sur ce vaste ensemble. Aucun urbaniste, ni aucun économiste n’a abordé les questions d’aménagement paysager, de lutte contre les inondations et les risques de submersion, les dimensions de développement durable, de transport et de déplacement, pour valider les choix programmatiques de la ville.

Quant à vous, vous avez organisé une rencontre avec un urbaniste (Bertrand Dubus, NDLR). Qu’en était-il ressorti ?

Lors de sa venue à Fréjus, Bertrand Dubus a mis en évidence la nécessité de travailler sur un projet d’ensemble en s’appuyant notamment sur les espaces naturels de la base et des étangs de Villepey.

Que demandez-vous à la municipalité ?

Nous demandons que les aménagements sur la Base Nature fassent l’objet d’une concertation, en lien avec la population et les services concernés (Etat, CAVEM, Conservatoire du Littoral…) et que soit mis au débat public un projet d’ensemble, seul à même de préserver ce paysage naturel.

Quid des équipements proposés par la municipalité ?

Nous pensons qu’il est nécessaire de remanier profondément le programme d’équipement. Sous réserve de la faisabilité économique de l’aquarium et que l’on traite la question des rejets en méditerranée, nous ne sommes pas opposés à la réalisation en délégation de service public d’un tel équipement qui peut apporter une nouvelle dynamique à la ville et à l’agglomération. S’agissant de la discothèque, nous nous félicitons que la municipalité ait entendu les nombreuses critiques, et qu’elle oriente désormais son choix vers un « équipement festif » pour lequel il faut s’assurer de l’intégration paysagère et des risques de concurrence avec l’appareil commercial déjà fragile de Port Fréjus. Quant à l’hôtel de prestige, nous en contestons fermement la pertinence sur la Base Nature, en front de mer. Lors de la révision du PLU, l’Etat a préconisé de reculer fortement le bâti de cette zone vis-à-vis du rivage si des bâtiments neufs devaient remplacer ceux existants. Pour nous, il est inconcevable de privatiser ainsi un littoral protégé. Il est aberrant de céder un espace public pour un équipement marchand, qui prive les habitants d’un accès privilégié à la mer, supprime une plage publique et le jardin méditerrannéen et accentue la bétonisation du front de mer. Ainsi, pour l’ensemble de ces raisons nous demandons l’abandon pur et simple de l’hôtel.

Selon vous, le projet est-il en accord avec l’actuel Plan d’Urbanisation Local (PLU) ?

Manifestement non puisque la ville se prépare, pour la deuxième fois, à changer le PLU. La modification du PLU de 2016 a autorisé la transformation des zones UHa (terrains réservés aux services publics ou d’intérêt collectif, NDLR) en secteur UBo (zone urbaine à vocation principale d’habitat, NDLR). Plusieurs associations (CDIGFP, EME) et le Préfet du VAR ont contesté cette délibération au motif que « la procédure de révision aurait dû être mise en œuvre car la modification litigieuse constitue un changement des orientations définies par le PADD ». Le Tribunal administratif a débouté les auteurs du recours, mais un pourvoi devant la Cour Administrative d’appel de Marseille est en cours. La ville a décidé de procéder à une révision du PLU et de modifier à nouveau le zonage de la base nature, pour classer les terrains en UEt (zone réservée aux activités touristiques, NDLR) et d’adopter une orientation d’aménagement et de programmation (OAP). Or, curieusement, la ville retient désormais le principe d’une Orientation d’Aménagement et de Programmation alors qu’elle a soutenu devant le tribunal administratif que ce document n’était pas nécessaire.

Que pensez-vous des recettes qu’annonce la mairie sur cette exploitation ?

Le bilan financier de cette opération sera déficitaire. La ville avait Indiqué que cette

opération lui permettrait de bénéficier de recettes importantes pour équilibrer son budget.

Or, aucune étude de marché n’a pas été présentée. En raison du nouveau montage juridique, le montant des « loyers » sera considérablement plus faible. La Ville fait preuve d’une légèreté coupable en annonçant lors du débat d’orientation budgétaire que le coût de

relocalisation des services sera de 12,5M€, dont elle laisse la charge à ses successeurs !! Elle ne dit rien non plus des aménagements de voirie et des parkings d’un minimum de 1 M€ ni des pénalités à verser à l’Etat évaluées à 1,6 M€.

Le maire espère un début des travaux avant la fin de son mandat. Qu’en pensez-vous ?

Tout cela est mensonger. En effet, lors du conseil municipal de janvier 2019, la ville a délibéré pour un déménagement des services technique à la fin de l’année 2020, voire début 2021. Compte tenu de la nécessité de démolir des bâtiments, puis de construire les nouveaux équipements, il est impossible que les travaux débutent avant le mois de mars 2020. Il serait donc plus démocratique de mettre ses sujets contestés au débat de la prochaine campagne municipale pour une véritable coconstruction d’un projet correspondant aux besoins de la population. Le maire aurait-il peur du verdict démocratique.

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