fbpx

Une chronique pop culturelle délivrée par l’équipe du magazine S!CK, pharmacien du culte au service de Bah Alors.

Depuis que Walter Elias a dessiné sa première souris aux grandes oreilles, la maison Disney n’a jamais cessé d’alimenter notre machine à rêves. Qu’on le veuille ou non, nous en sommes tous la progéniture, biberonnée aux histoires de princesses endormies, de sirènes rêveuses et de « happily ever after ». C’est en quelque sorte dans notre ADN, une partie tendre de nos inconscients qui nous ramène systématiquement aux souvenirs de l’enfance, de l’innocence, et de ces délicieuses odeurs de gâteaux tous justes sortis du four. Les années ont passés, et le monde vous a plus ou moins demandé d’enterrer cette partie de vous. Ça s’appelle grandir. Ça s’appelle prendre ses responsabilités. Ça s’appelle la vraie vie : celle où les barrières du devoir formel vous ont finalement interdit de rêver. Les factures ont remplacé les poèmes, les princes ne sont pas si charmants, et les demoiselles s’injectent du silicone. Le carrosse s’est définitivement changé en citrouille, et le sort semble aujourd’hui irréversible. Il semble. Car quelques douces pépites demeurent en ce bas mode. Des madeleines de Proust que l’on pourrait croire destinées aux enfants, mais qui s’adressent en réalité à nous autres, les majeurs et vaccinés perdus dans le vortex de l’adultocratie. La plus récente de ces pépites s’appelle Kingdom Hearts 3, et elle verse allègrement dans la réalisation de fantasmes qui remontent à l’époque où vous n’étiez pas plus haut que trois pommes.

KINGDOM HEARTS 3

Le coeur à ses raisons

Enfantés par le grand Tetsuya Nomura (l’un des artificiers de la saga Final Fantasy), les jeux Kingdom Hearts se nourrissent depuis 2002 de la culture Disney, de ses icônes, mais aussi de tout son fantastique décorum. À la croisée des mondes merveilleux, ce troisième épisode (que l’on attend depuis plus de 13 ans) nous fait renouer avec des héros que l’on retrouve comme un trio de vieux amis. Accompagné d’un Donald Duck devenu magicien, et d’un Dingo protecteur, le jeune Sora doit enrayer le mal qui laisse la corruption se répandre entre les coeurs, mais surtout entre les mondes. Des mondes connus, familiers, qui vont forcément résonner en chacun de nous. On parle de Toy Story, Monstres & Cie, Frozen ou encore Pirates des Caraïbes : comme chacun des autres épisodes de la saga avant lui, Kingdom Hearts troisième du nom fait plaisir à l’enfant de 8 ans qui sommeille en vous, en lui permettant d’interagir avec les héros d’un dessin animé. Discuter, échanger, les aider à sauver leur univers, mais surtout : faire que leurs histoires fassent désormais partie de la votre. On pourrait presque se contenter de ça. De ce sentiment nostalgique qui nous réchauffe les entrailles, et qui nous ferait pratiquement oublier que le scénario général du jeu (qui est supposée conclure plus de 15 ans de mythologie) n’est au final qu’une vaste déception. Reste l’unique plaisir de revisiter les mondes de dessins animés cultes. En explorer l’envers du décor, au rythme de combats fulgurants contre les créatures du mal, où le moindre affrontement vire à la fête foraine jubilatoire. Preuve qu’il y aura toujours de la place pour une âme d’enfant.

AQUAMAN

Pub de parfum

On était aussi plein de bonnes intentions le jour où on est allé voir Aquaman, film de superhéros à la gloire d’une l’une des figures les plus mésestimées du catalogue DC Comics. Mais avant de véritablement étaler notre prose sur l’objet cinématographique en lui-même, il convient de souligner un point qui nous paraît essentiel. Oui, Jason Momoa est un casting parfait. Sa revisite ultra badass du héros original est sans conteste la bonne idée de ce film, son argument numéro 1, qui en dit d’ailleurs assez long sur l’évolution des canons dans notre société. Le reste ? On aurait aimé vous en chanter les louanges. Le truc, c’est que Aquaman est un non-film. Entendez par là une avalanche d’effets numériques tellement oppressante qu’elle finit par créer une barrière nette entre le long-métrage et son spectateur, incapable de s’immerger dans un monde où les fonds verts sont environ 7 fois plus nombreux que les traces de dialogues pertinents. À l’apogée de la culture du paraître, le film multiplie les money-shots et les ralentis directement sortis d’une pub de parfum. Problème : Aquaman n’a plus rien à vendre, pas même un scénario qui aurait eu la décence de s’éloigner du cliché de la sempiternelle querelle entre frères ennemis. Merci, mais non merci.

ORIGINS, DE DANGER

Back to basics

On parle beaucoup d’électro française, mais on ne parle pas assez souvent de Danger. Le producteur fait pourtant partie des meilleurs, notamment à la suite d’une brochette d’EPs salvateurs sortis il y a maintenant plus d’une décennie. Basses fracassantes, synthétiseurs rétro, et groove indéniable : le garçon a toujours su tirer les bonnes ficelles pour faire bouger vos corps comme un marionnettiste fou. Son dernier album, Taiko, nous plongeait d’ailleurs dans un écrin aussi dansant que glacial, tiré d’une imagerie noire qui nous rappelle le Néo-Tokyo du manga Akira. Passé ces expérimentations, le producteur revient avec Origins, qui comme son nom l’indique renoue avec la musicalité des débuts de Danger. Un parti pris qui fait forcément plaisir aux nostalgiques que nous sommes, bien que l’on se retrouve finalement face à un ersatz de ce qui a fait la gloire de ses premiers titres. Voyez plus ça comme une playlist étendue des premiers travaux de Danger, qui s’écoute le plus fort possible.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire