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Le mercredi 3 avril, on a retrouvé la pluie qui n’était pas venue nous rendre visite depuis de longues semaines. Alors on est allé se mettre à mis à l’abris au Mas d’Hiver pour y découvrir un soleil qui nous a réchauffé l’âme et le coeur : Tété. Plus de quinze ans de carrière déjà, et il vient nous présenter son septième album Fauthentique où il sait parler de choses sérieuses, et démêler le vrai du faux sur des rythmes entraînants aux saveurs pop-folk et blues.

En ombre chinoise, la silhouette fine de Tété apparaît tout d’abord en fond, puis accompagné de son bassiste Hugo Cechosz, il entre sur scène et commence par nous interpréter deux titres dont Persona Non Grata. La réaction immédiate du public lui montre qu’il est tout sauf ‘non grata’ ici !

Il nous dit ensuite qu’il est heureux d’être parmi nous et de découvrir cette belle salle. Il enlève sa veste, nous présente son décor imaginaire et son orchestre qui l’est tout autant. Il y a des capteurs au dessus de nous et grâce à nos vibrations tout au long du concert, le décor se crée petit à petit, pour que chaque soir soit unique, que chaque soir se peigne un tableau différent.

À la seconde où Tété a mis un pied sur scène, son large sourire aux dents du bonheur (qui font le nôtre) n’a cessé d’envoyer de bonnes ondes communicatives à un public sous le charme. Il nous remercie d’avoir bravé les éléments pour être avec lui ce soir et nous propose de partir en voyage ensemble. On accepte avec un plaisir non dissimulé, et on embarque pour une petite ballade guitare-voix. Il nous incite à entonner des “ouhouh” avec lui, et nous demande si on nous entend à Fréjus, à Nice. Puis à Monaco. Et alors que nos voix à l’unisson, d’abord timides, se font de plus en plus entendre, il nous demande “Et à Los Angeles ?”. Il n’en fallait pas plus ! Le chanteur conclut ce choeur par un “Vous êtes beaux quand vous chantez!”, et recueille un « Toi aussi !! » spontané d’une fan à deux pas de nous.

C’est ça la magie de Tété. Un artiste qui prend un plaisir fou à être avec son public qui le lui rend plutôt bien. Et c’est en oubliant tous nos p’tits tracas de la journée qu’on l’accompagne à tue-tête sur “Tout va bien dans le meilleur des mondes”, le sourire aux lèvres.

“Il y en a peut-être qui sont déjà venus à un concert, il en a d’autres pour qui c’est la première fois. Et bien l’un comme l’autre, le Mas je vous embrasse”. Touché.

Il nous raconte que l’organisateur l’a appelé quand il était dans le train pour lui dire qu’il pleuvait, nous qui lui avions vendu le soleil du Sud.. alors il a écrit une chanson, pour essayer de le faire revenir, mais apparemment il n’a pas réussi, alors il en est désolé. Mais Tété se trompait, le soleil était bien présent ce soir et irradiait sur scène dans cette nuit fraîche d’avril. Summertime blues résonne sous le plafond étoilé du Mas, comme si l’on avait retrouvé son ciel d’été pendant un instant.

C’est bien-sûr en guise de conclusion qu’il entonne À la faveur de l’automne, accompagné de tout son public qui l’attendait avec impatience. Les paroles sont sur toutes les lèvres, qu’importe la génération. Et c’est à ce genre de moment que l’on reconnait un vrai artiste. Quand ses chansons n’ont pas d’âge et voyagent à travers le temps. Nous ce voyage, on l’a savouré pleinement et on ne voulait pas qu’il s’arrête.

Il nous confie qu’il pensait qu’il n’allait y avoir personne ce soir, alors il est heureux de nous voir aussi nombreux et nous explique que pour lui, c’est ça sa plus belle récompense. Son “salaire du kiff” comme il dit, c’est nos sourires. Alors il va dans la foule, sans micro, juste ses grelots au pied qui battent la mesure, sa guitare et sa voix. Il se balade parmis nous, le silence se fait, et chacun rentre en communion avec cet artiste généreux et solaire. Ça finit sur un rythme effréné, on crie, on applaudit. Tété comblé, donnant des “high five” d’une main, tapant avec l’autre sur son coeur. Et son éternel sourire. Touché.

Quelle énergie, quelle générosité, quelle proximité ! Une chose est sûre : il n’y a absolument rien de faux chez Tété et ça faisait un moment que l’on n’avait pas rencontré une personne aussi authentique.

Ce soir-là il nous a parlé de ce monde qui va trop vite parfois et qui court après la consommation intensive d’à peu près tout. Qu’il fallait peut-être essayer de changer le regard qu’on a sur les choses et revenir à l’essentiel: à commencer par les gens qui nous entourent, savoir les écouter, échanger et partager sincèrement un moment avec eux.

Il nous remercie encore et prend le temps, après le concert, de signer des CD, faire des photos et dire petit mot à chacun: « et ça va la vie ? ».

Et nous on repart avec un vinyle dédicacé, une poignée de main amicale et le coeur rempli de sourires et de tendresse. Après tout, il n’en faut pas beaucoup plus pour que la vie soit belle, non ?

Touché coulé. Merci Tété.

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