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 Originaire de Cannes, basé sur Nice, Killian Alaari baigne dans la musique depuis sa tendre enfance. Passionné d’écriture, Killian soigne ses rimes et ses vers, joue des mots, use de différentes figures de style. Sans complexe, et avec beaucoup d’audace, la musique proposée par Killian dépasse toutes frontières. Au-delà du rap, c’est une profusion de styles et de genres qui accompagnent ses productions. Bercé par les cuivres stridents de la Buena Vista Social Club et les mélodies radieuses de la cora (ndlr. Instrument populaire d’Afrique de l’ouest), son univers artistique puise dans différentes sources. Après un premier projet, Pixel sorti en 2014 et composé de neuf titres, Killian mijote son premier album. Post Movement se fait toujours attendre par ses plus fidèles auditeurs, c’est avec toute décontraction que Killian nous a accordé cet entretien.

Ton projet se fait attendre par des fans assidus qui expriment leur impatience sur les réseaux sociaux, tu as mis un certain temps pour le peaufiner, qu’en est-il à l’heure actuelle ?

Il était indispensable pour moi de constituer une œuvre efficace. J’apprécie les belles choses et j’estime qu’il est important de prendre du temps pour les faire. Aujourd’hui je suis extrêmement content du travail conçu avec l’aide précieuse de mon beatmaker, Sany San Beats. Il a contribué à l’élaboration de Post Movement et m’a permis de faire toutes les modifications nécessaires pour rendre le projet encore meilleur.

Il semblerait que ce soit un premier album plus qu’abouti, de quoi est-il question ?

Post Movement est un long format, de 12 titres et c’est une première pour moi. De nature très éclectique, les morceaux proposés dans ce disque rassemblent toutes mes différentes influences. Quant au nom de l’album, Post Movement : celui-ci fait référence au mouvement physique qui a accompagné la création du projet, notamment les voyages que j’ai effectués durant toute la période de création de l’album. Mais l’expression « Post Movement » fait également référence au mouvement cérébral qui, me faisant passer du rire aux larmes, a façonné l’orientation du projet au cours des ces longs mois.

Tu as mis un certain temps pour terminer ton disque mais depuis l’avènement du streaming, l’accès à la musique se fait plus facilement. Nous sommes même dans une surproduction musicale, penses-tu que ce soit une tare pour la musique ?

A l’heure actuelle, tout se consomme plus vite et la musique n’échappe pas à cette règle. Cela induit plusieurs choses, si l’on consomme beaucoup plus, on est parfois amené à consommer moins bon. Les artistes sont contraints d’offrir à leurs auditeurs des projets tous les six mois, pour ne pas se faire oublier. En revanche, cette surproduction permet l’accessibilité infinie, notamment grâce à de nombreux médias qui offrent cette possibilité aux jeunes artistes de se lancer. A mon échelle, je ne vois pas l’intérêt de “surproduire” bien que lorsque l’on produit moins, on se fait un peu oublier. C’est « encourageant » finalement et on est contraint de revenir avec quelque chose de plus costaud (Rires) !

On se rend compte que dans la foulée, le genre musical qui profite le plus de cette dynamique c’est le rap qui est officiellement rentré dans les moeurs de toutes et tous. Cependant, peut-on encore parler de rap en 2019 ?

Les vraies questions selon moi seraient plutôt : est-ce important de parler de « rap » et qu’est-ce qui définit réellement ce genre musical. J’ai toujours eu tendance à parler de musique plus que de rap lorsque j’évoquais ce qui m’anime nuit et jour. Le rap inspire et s’inspire de différentes choses, il devient de plus en plus hybride. À une certaine époque, je parle surtout durant les années 90, les productions étaient amenées à sampler des boucles de jazz, de soul aussi. Actuellement, la musique afro et le rap se lient et construisent un assemblage plutôt intéressant. En revanche, on peut encore parler de « rap » dans la conception. Les rappeurs sont autodidactes et leur méthode de production ne change pas. Ils jouissent aujourd’hui d’une certaine notoriété, qui  hisse leur musique aux sommets des ventes. Cette mentalité n’est pas très positive, aux Etats-Unis par exemple, je ne pense pas qu’on remette en question la légitimité du rappeur après une collaboration avec un artiste plus « pop ». En France, cette conception bloque encore… Il serait temps d’ouvrir un peu plus nos esprits.

L’image compte beaucoup pour toi. Ton compte Instagram, l’esthétique très soignée de tes clips peuvent témoigner de cet amour que tu as pour les belles choses. Quelle est pour toi la définition-même du mot « esthétisme » ?

Je ne me suis jamais vraiment posé cette question à vrai dire. Mais je pense que l’esthétisme est avant tout une question d’équilibre. Partant de là, tout peut être esthétique du moment où les choses sont intelligemment dosées. Et puis cette notion d’esthétisme est tellement subjective. Je pense qu’un peu inconsciemment, je cherche à allier des couleurs intéressantes, à créer des contrastes qui peuvent, par moment, créer des ruptures visuelles ou mêmes sonores, parfois s’équilibrer. Je fonctionne beaucoup autour de cette notion d’image, pour moi chaque instrument a une couleur, chaque couleur fait référence à des éléments, etc. Si on avait fait cette interview filmée, je t’aurais probablement demandé une photo du lieu pour adapter ma tenue ou ma paire de lunettes à l’atmosphère du cadre, tout est question d’équilibre…

Si t’étais :

Un plat gastronomique : Le Mafe de ma mère

Un film : Le Dîner de cons

Un vêtement : Ma paire de gold & Wood

Un son : Fally Ipupa – droit chemin

La playlist de Killian

Adekunle gold – Before You Wake Up

Hamza – 50x

Burna Boy – On the Low

Raf Camora – Sag Nix

Michael Jackson – Human Nature

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