fbpx

Seule femme en lice, Annie Soler est bien connue des Fréjusiens. Ancienne conseillère puis adjointe sous les mandats d’Elie Brun, Annie Soler a rejoint les rangs de l’opposition depuis 2014 où elle défend farouchement son avis notamment quand il s’agit des mineurs non accompagnés ou des budgets de la ville.

Annie Soler, où vous placez-vous dans l’échiquier politique ?

Je me place à un bon niveau parce qu’il faut toujours avoir une vision ambitieuse des choses. A l’heure actuelle, l’échiquier se compose de la majorité municipale qui a été élue en 2014 suite à un accident politique, à savoir la désunion entre deux partis de droite et le désistement de la gauche. En 2020, nous avons retiré les enseignements de ce qu’il s’est passé en 2014. Je suis heureuse de savoir qu’il y a d’autres concurrents pour les élections de 2020 parce que cela signifie que je n’ai pas une vision unique.

C’est vrai que vous êtes au conseil municipal depuis quelques temps maintenant.

J’ai exercé comme élu dans la majorité de 2001 à 2014 en tant que conseillère municipale puis en tant qu’adjointe. Depuis 2014, je suis dans l’opposition avec une fidélité de présence aux conseils municipaux. J’ai une expérience dans ce domaine mais aussi une connaissance des dossiers. Ce qui me permet aujourd’hui de dire que la gestion actuelle de la municipalité ne me convient absolument pas, et ne convient pas non plus aux électeurs fréjusiens. Le problème est qu’il y a une telle propagande parce que quand on n’a rien à vendre, on met un bel emballage. La ville avait une dette de 144 millions, c’est vrai. C’est facile de désendetter la ville en vendant le patrimoine fréjusien, des actifs, mais on a remboursé seulement 16 millions de la dette. Tout le monde est capable de vendre sa maison, sa voiture, ses vêtements puis de se retrouver nu à dire “j’ai épongé la dette”. Mais avec quoi va-t-il vivre et faire vivre ses enfants ? Avec quoi peut-il envisager l’avenir ? Donc si on ne garde pas au moins le minimum vital comme nos actifs, nous allons droit dans le mur. Cela engage notre responsabilité par rapport à l’avenir de nos jeunes et de nos enfants.

Mais la dette baisse, non ?

Elle baisse mais elle est toujours là, et on peut constater que les élus de l’opposition dont je fais partie ne se trompent pas puisque c’est corroboré par des organismes officiels puisque maintenant nous sommes passés à 137 ans d’endettement. Qu’on ne me dise pas que la dette a été réduite. C’est un artifice comptable qui fait qu’il y a eu des emprunts, des ventes d’actifs qui permettent non pas un effacement de la dette mais un allongement. On ne peut pas faire porter cela à nos enfants. Il y a une telle évolution de la société. Nos jeunes vont devoir supporter beaucoup plus longtemps le poids des retraités. Si on obère leur avenir, qu’est-ce qu’il va rester à nos jeunes ? C’est ce qui m’inquiète et c’est pour cela que je lutte.

Aujourd’hui, comment définirez-vous la gestion de la ville ?

C’est “panem et circenses” (du pain et des jeux, NDLR), parce qu’on éblouit la population avec des manifestations mirifiques mais la réalité est bien plus triste. Quand on offre aux enfants des écoles un euro par jour pour aller en classe transplantée, notamment à la neige, je pense que vraiment c’est faire l’aumône à ces familles. Je trouve que les Fréjusiens méritent mieux que l’aumône qu’on leur fait et que la fierté des Fréjusiens doit se placer ailleurs.

Sur le plan de la gestion, il y a eu des effets comptables que je ne partage pas. Sur le plan humain, il y a un irrespect total et des associations qui ne répondent pas aux critères voulus par cette majorité avec une ostracisation. Moi je ne suis pas pour le dégagisme. Si il y a des listes qui s’inscrivent comme moi dans l’opposition, je me dis tant mieux, ma vision n’est pas réductrice. Problème de gestion, d’ostracisation et le rejet de l’autre avec pour seul vocable l’immigration massive, l’insécurité. Ils surfent sur une manipulation intellectuelle et affective de la population. Ils disent aux plus âgés “vous allez être maltraités, on va attenter à votre vie”, aux jeunes “vous n’avez pas d’avenir”, etc. À Hénin-Beaumont comme ici, c’est un “prêt-à-penser” que je refuse car il n’y a pas d’éclairage politique.

Comment jugez-vous votre mandat d’opposante ?

J’ai mis un point d’honneur à connaître les dossiers. Il y avait des questions techniques sur lesquelles on ne peut que voter favorablement. Par contre, il y a des questions politiques comme dernièrement sur la prise en charge des frais d’avocat pour la protection fonctionnelle, des débats d’orientation budgétaire dans lesquels je me suis hâtée, des budgets notamment en 2018 où par un effet d’artifice, on attendait 5.5 millions d’euros d’une concession sur la base nature où j’avais dit à monsieur le maire que par rapport aux procédure et au projet nous n’aurons pas les 5.5 millions sur cet exercice et que la réalité m’a donné raison. Je pense donc personnellement, avoir été combative et avoir amené à la réflexion les Fréjusiens ou au moins avoir apporté de l’information à la désinformation qu’on pouvait trouver dans le magazine municipal. D’ailleurs, des élus de l’opposition ont refusé d’écrire dans le magazine municipal parce qu’ils étaient conscients que c’était un journal de propagande.

Quid des autres opposants dans le conseil ?

Je suis humaniste et donc très respectueuse du positionnement des uns et des autres. En ce qui concerne les migrants, bien entendu je n’ai pas partagé parce que j’estime que ce n’est pas sur un coin de table que l’on donne un bout de papier sans en avoir discuté au préalable, d’autant que c’est une question supplémentaire. Il n’ s’agit pas de jeter l’opprobre sur une ethnie ou un groupe de personnes alors qu’il fallait dissocier le problème. L’affaire concerne deux ou trois jeunes et était déjà réglée. Ils sont là depuis le mois de mai et les échos que j’ai eus sont très favorables en ce qui concerne l’enseignement. Pour moi c’est un fait, il faut punir ceux qui ont commis un délit et respecter les autres. Surtout que je ne pense pas qu’à cet âge-là, on ne quitte pas son pays de bon coeur, c’est un déracinement.

Comment analysez-vous leur vote ?

C’est leur choix. Moi je suis autonome, responsable et complètement libre. Je leur laisse la paternité ou la maternité de leur décision et je tiens à conserver mon autonomie.

Revenons aux élections municipales. Que pensez-vous du nombre de listes candidates à ce jour ?

Ce n’est pas gênant dans la mesure où il va y avoir un faisceau de mécontentements par rapport à la municipalité actuelle. Cela signifie aussi que chacun a une identité bien précise avec des aspirations différentes qui ne sont pas incompatibles mais qui respectent les électeurs. Il n’est pas impossible qu’entre les deux tours, on puisse s’organiser. C’est à la fois mathématiques et dans l’esprit. Quand on arrive avec trois listes en 2014 qui font 18%, 17% et 15%, le delta est très faible. Rien n’empêchait que l’on puisse fusionner les listes. C’est une hypothèse qui n’est pas à rejeter car à ce moment-là on respecte l’ensemble des électeurs. Selon les résultats, s’il y a un delta plus grand, on se désiste en faveur de la liste de celui ou celle qui arrive très favorablement.

Vous êtes la seule candidate ?

J’ai l’avantage d’être la femme unique ! (rires) On veut du renouveau à Fréjus. Et bien le renouveau c’est la femme mature et d’expérience. J’ai la maturité, l’expérience et la compétence.

Quelle sensibilité à votre liste ?

À Fréjus, nous sommes une grande famille et je le dis sincèrement. Nous avons des sensibilités de droite, de gauche, etc. Est-ce que c’est incompatible au quotidien ? Pas du tout. Localement, cela ne met pas en péril le quotidien des Fréjusiens. Parce que la gestion du quotidien n’est pas lourdement impactée par une appartenance politique. Le social n’est pas l’apanage de la gauche, moi-même qui suis de la droite, je suis issue et j’ai travaillé dans le social. L’écologie, très tendance à l’heure actuelle, n’est pas incompatible non plus car le programme que j’établis depuis 2014 est basé sur le développement durable qui compose les quatre composantes établies depuis 1987 et le rapport Brundtland : la gouvernance, l’environnement, le social et l’économie. J’ai donc un programme qui peut bien toucher les verts comme la gauche humaniste ou les libéraux. Je pense qu’il y a une compatibilité et une réponse adaptée aux attentes des Fréjusiens.

Dans mon équipe qui a démarré en 2014, il y a des gens de la société civile, de la droite, de la gauche, etc. La liste est complète mais nous sommes partis sur le postulat que notre liste n’est pas un bureau de recrutement. Il y a de belles personnes mais ce ne sont pas des postes alimentaires que les gens viennent chercher. Nous sommes tous là au service de Fréjus et de la CAVEM comme je l’ai toujours été au cours de ma carrière. Dans le cas d’union bien évidemment, il y a des personnes qui quittent le premier cercle pour arriver dans le deuxième et ainsi de suite. C’est pour moi une honnêteté intellectuelle et politique.

Que retrouverons-nous d’autres dans le programme ?

Sans vous dévoilez le programme, il faut absolument faire un audit sur les finances car on ne peut pas faire de fausses promesses. Alors bien sûr j’ai des orientations dans le domaine du social. Certaines qui ne coûteront pas très cher mais nous sommes obligés de faire des transferts et donc il y aura des choix politiques et financiers à faire. En étudiant la courbe des finances depuis 2014, j’ai quand même une idée d’où faire des réserves pour les reverser sur d’autres lignes budgétaires.

Il est complet ?

Le programme est complet car il part sur un concept politique et un concept philosophique. C’est l’humanisme tel qu’il est vu dans le cadre du développement durable. Nous avons développé des axes et des priorités avec des niveaux opérationnels dont on a étudié les finances de manière à ne pas offrir la Lune avec un emballage doré.

Vous êtes toujours adhérente chez Les Républicains ?

J’étais à l’UDF et comme Madame Veil, j’étais adhérente directe. Quand l’UDF s’est marié au RPR, formant l’UMP, je suis resté à l’UMP. Le parti a traversé des crises mais j’estime que quand la famille est en difficulté, on ne peut pas la laisser, et donc je suis à l’intérieur. Selon certaines orientations du parti, je ne suis pas toujours en phase mais on a la chance de pouvoir s’exprimer. Je suis pour la démocratie représentative parce que c’est ce qui donne la colonne vertébrale à une société. Et je suis aussi pour la démocratie participative.On a dans notre société actuelle, ce courant de pensée très mobilisateur car nous sommes dans une société qui va très vite. On ne peut pas exclure de ce chant d’appel au changement rapide, la démocratie participative.  

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire