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En 2014, la liste d’Elsa Di Meo, représentante du Parti Socialiste, avait rassemblé l’ensemble des mouvances de gauche. En 2020, après l’émergence de mouvement comme la France Insoumise ou Urgence Écologie et surtout après l’éclatement de la gauche, la situation n’est plus la même. Julien Poussin, déjà présent lors des élections de 2014 mais aussi lors des législatives de 2017, sillonne les quartiers et les marchés de Fréjus pour aller à la rencontre des habitants, discuter de la situation de la ville et rassembler un maximum de sympathisants de gauche. Sans les leaders locaux des Verts mais avec beaucoup de soutien, adhérent ou sympathisants de sensibilités de gauche, la liste Rassemblement de Gauche et Écologiste conduit par celui qui sera probablement le plus jeune candidat de la ville est déjà prête au combat.

Julien Poussin, que reprochez-vous au maire sortant ?

Il y a une chose que l’on peut reconnaître au maire Rachline : il est excellent communicant. Chaque petite chose positive mise en place, David Rachline et son équipe l’ont valorisé à l’excès. Quand ils disent qu’ils ont réussi à baisser la dette de la ville, c’est exact. Mais une baisse de 16 millions d’euros sur 6 ans c’est très peu, surtout quand on a vendu pour environ 50 millions d’euros de patrimoine communal. Aussi, Fréjus a été bétonnée à outrance. Les seuls endroits qui n’ont pas été « trop » bétonnés sont Fréjus Plage et Saint-Aygulf où les gens se sont mobilisés contre les projets de construction. Il n’y a pas eu plus d’investissement que le Pôle Enfance qui est lui-même un partenariat public-privé qu’on pourrait aussi dénoncer. Au centre-ville, où la municipalité a été totalement inactive, la situation est catastrophique. Beaucoup de commerces ferment et ceux qui ne ferment pas ont de grandes difficultés. Il n’y a pas eu de changement d’envergure, c’est pour nous du « saupoudrage » sur tous les sujets. Le maire a fait très peu dans beaucoup de domaines et à la fin, beaucoup d’administrés sont déçus.

On fait le constat qu’il y a beaucoup de négatif et si nous présentons cette alternative c’est pour répondre aux défis qui sont devant nous, essayer d’avoir une vraie vision d’avenir de notre ville et proposer des mesures qui répondent aux besoins et aux attentes de la population.

Vous allez à la rencontre des gens pour cela ?

On rencontre des gens sur des marchés et du porte-à-porte. Nous avons rencontré de nombreuses personnes qui ont voté pour David Rachline en 2014 et qui en reviennent : quand on ne rencontre pas des gens qui sont certains de ne plus voter pour lui, d’autres sont dans la réflexion, car ils se sont rendu compte qu’il n’y a pas eu d’améliorations depuis son arrivée en mairie.

Que proposera d’ores et déjà le programme de la « Liste de Rassemblement de Gauche et Écologiste » ?

Tout d’abord la démocratie locale. Il faut totalement réinstaurer les conseils de quartier qui sont aujourd’hui complètement préemptés par le RN. Ces conseils doivent être élus par les habitants et la liste que nous proposons veut avoir des recours plus fréquents avec la population locale par des référendums, des consultations ou encore des réunions publiques d’envergure pour présenter des bilans. Pas sur tous les sujets, car cela coûte de l’argent et qu’un maire est élu pour 6 ans, mais sur de nombreux thèmes notamment la Base Nature où nous pensons lancer un concours d’idées. Pour nous, la population est la clé, elle doit prendre les rênes et participer à la vie de la municipalité. À l’instar de la ville de La Rochelle, nous aimerions mettre en place une application où chaque habitant pourra faire état d’incident plus ou moins important à la mairie comme un nid de poule ou une coupure de courant dans le quartier et pourra suivre la résolution en direct. Aussi nous envisageons de mettre en place les transports gratuits. Cela sera fait évidemment en liens étroits avec la CAVEM, vu que c’est une délégation de service public (DSP) mais nous sommes déterminés à mener à bien ce projet. Tout comme le déploiement des panneaux solaires.

Le programme est-il complet ?

Non. Il sera complet à partir de fin décembre et nous le présenterons à la population et à la presse en janvier 2020. Nous constituons un programme participatif : toutes les rencontres que nous faisons depuis avril et jusque fin décembre nous permettent de compléter notre projet. Bien sûr, nous ne mettons pas dans notre programme toutes les idées que l’on peut entendre, mais en discutant avec la population, nous constituons un projet condensé, cohérent et, plus important, réaliste. Nous ne proposerons pas de Surf Academy qui finit en vulgaire piscine à vagues.

Quels genres de projets ?

Il y a des mesures qui peuvent être prises très rapidement comme la gratuité des parkings à certains moments de la journée. Comment peut-on laisser mourir notre centre-ville quand on voit que notre voisin propose pour aider ses commerces la gratuité les samedis après-midi et que donc c’est réalisable ? Si nous sommes élus, nous le ferons en adéquation avec la situation de la ville. Aussi, et très rapidement, nous souhaitons effectuer une consultation des commerçants et les associations. Le maire actuel n’écoute pas assez les habitants, mais écoute encore moins les commerçants et les associations. Nous en avons déjà rencontré beaucoup, et nous allons continuer durant toute la campagne.

Quelle est, selon vous, la situation de la Gauche à Fréjus ?

La Gauche à Fréjus est sur un travail de reconstruction puisque les forces militantes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’en 2014. Après, aux élections Européennes, la Gauche c’est plus de 3000 voix, près de 16 % dispersées sur les micros partis. Il y a toujours des personnes qui sont investies à Gauche, qui veulent que la Gauche ait son mot à dire à Fréjus et c’est pour cela que nous proposons cette alternative qui devrait être normalement la seule liste de gauche et écologiste. Une liste humaniste en somme.

Et pourquoi ne pas s’accorder à fusionner avec d’autres listes ?

On ne se sent ni représenté ni concerné par les autres listes qui pour nous sont des listes d’entre-soi où on essaie sur un coin de table de se mettre d’accord, de s’unir entre partis qui se détestent nationalement et qui n’ont pas grand-chose en commun juste pour battre le RN. Nous ne sommes pas dans cette ligne-là. On est là pour proposer un projet sérieux, concret et qui améliore le quotidien des habitants au moins au premier tour.

Que feriez-vous dans le cas où vous atteignez les 10 % au premier tour (pourcentage pour lequel la liste passe au second tour, NDLR) ?

Peut-être 15 ou 18 % ! (rires) C’est la grande question. La seule chose que je regrette en 2014, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation quant à la décision de retirer la liste d’Elsa Di Méo au second tour. Ce n’est pas à moi, tête de liste, de prendre cette décision seule. Alors, le soir du premier tour, peu importe le résultat, les 44 colistiers et moi nous réunirons, peut-être avec d’autres militants pour en discuter.

Il n’y a pas eu de consultation menant à la décision du retrait de la liste conduite par Elsa Di Méo en 2014 ?

Sans consultation oui. Et rétrospectivement, nous sommes plusieurs à penser qu’elle aurait dû se maintenir même si sur le coup nous aurions tous choisi le retrait. Quand on voit que les deux listes de droite se sont maintenues, si la liste de gauche s’était maintenue elle aussi, il y aurait aujourd’hui des élus de gauche dans l’opposition à Fréjus. De vrais élus d’opposition, car quand on voit qu’une seule élue de l’opposition, Annie Soler que je salue, a voté contre les mesures proposées contre les mineurs non accompagnés du village « Kangourou »…

Pourtant beaucoup pensent que le maintien d’une triangulaire au second tour serait favorable à la liste du maire sortant. Vous ne trouvez pas cela « risqué » ?

On nous le dit souvent et c’est une donnée que nous avons à l’esprit, mais la question d’avoir des élus d’opposition, des élus de gauche, une voix forte qui s’exprime pendant 6 ans à gauche, cette question n’est pas totalement exclue. L’autre idée de se retirer pour la liste républicaine et démocratique la mieux placée n’est pas du tout exclue non plus.

Quid de la liste EELV ?

Je ne fais pas une question de personne. Je n’ai qu’un seul adversaire dans cette campagne c’est David Rachline, car par définition il est le maire sortant quand les autres sont nos concurrents. Il y a un flou artistique chez les Verts. Je pense qu’ils font monter les enchères entre Philippe Michel-Kleisbauer et Emmanuel Bonnemain.

Votre liste est surtout composée de militants France Insoumise non ?

Non, il y a moins d’un quart de la liste qui sera composé d’adhérents de la France Insoumise. Notre liste est constituée de militants du Parti Socialiste ou d’Urgence Ecologie, de sympathisants du Parti Communiste, d’EELV, etc. Il y a des discussions avec les instances nationales, mais pas d’investitures. On doit, au niveau local, dépasser ces histoires d’investitures.

Quid des concurrents ?

Il y a différentes candidatures annoncées. Sans vouloir être méprisant, ce n’est pas ma conception de la politique. Il y a plusieurs petites listes, des candidatures un peu individuelles puisque les personnes sont très loin d’avoir les forces nécessaires de réunir les 45 colistiers. Je respecte beaucoup leur implication. Il y en a d’autres qui ne sont pas réellement impliqués sur Fréjus depuis des années comme nous.

Les autres candidats pour nous ne sont que des listes de Droite. la liste de PMK n’est pas forcément l’alternative rêvée à David Rachline pour une majorité de Fréjusiens. Sur plusieurs points nous sommes en désaccord avec lui. Localement, il n’a pas assez pris publiquement son point de vue ou pris de vrais engagements. Je pense que la plupart des gens attendent un vrai programme qui répondra à leurs attentes et pas une liste fourre-tout avec des LR proche de la Manif pour tous, des écologistes, le soutien du Parti Socialiste sans adhérents du PS, etc. C’est contre-nature et ça ne respecte pas les engagements de chacun. Pour nous, ce ne serait pas la liste de la cohérence.

Quand vous êtes-vous engagé en politique ?

Mon engagement a démarré fin 2012 auprès d’Elsa Di Méo qui m’a donné envie de faire de la politique. C’était un bel apprentissage. Entre 2012 et 2014, nous avions fait une campagne de terrain magnifique et très enrichissante. Le score a été décevant bien sûr, mais pas négligeable (+ de 15 %, NDLR). Les rencontres avec la population sont très enrichissantes. Mais surtout, je ne voulais pas que ma ville tombe dans les mains du FN, mais ce fut le cas. Et la première chose qu’ils ont faite c’est de retirer le drapeau européen au nom de 45 % des gens qui ont voté pour lui, 30 % des électeurs inscrits. Ça donne une très mauvaise image. ce geste était ridicule et extrémiste.

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Investiture

“Ce n’est pas un non ferme et définitif, nous discutons avec l’ensemble des partis de gauche. Il est possible qu’in fine nous ayons les investitures (et logos) du PS, du PCF, de la FI et que nous ajoutions le mot écologiste, sans avoir d’investiture, étant donné que nous avons de nombreux colistiers se définissant ainsi et n’étant pas particulièrement proche du PS, du PCF ou de FI.”

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