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Philippe Michel-Kleisbauer est député de la cinquième circonscription du Var. Pourtant, malgré son poste d’élu, tous les candidats s’affairent à parler de lui dans les médias l’intégrant sans lui demander dans la campagne des Municipales. Alors nous sommes allés à sa rencontre, chez lui à Fréjus plage, pour lui demander.

PMK, comment analysez-vous la situation de Fréjus depuis 2014 ?

Le constat est clair et partagé par tous : David Rachline a profité de l’image du Front National pour prendre la mairie à une majorité divisée et empêtrée dans un certain nombre de dossiers. Tellement persuadé qu’il allait rester pour longtemps, il ne s’est pas préoccupé de la ville mais du parti auquel il est redevable. Ainsi, jusqu’aux élections législatives qui m’ont fait apparaître dans le paysage, il n’avait absolument rien fait d’autre pour Fréjus que de reprendre les mauvaises habitudes de copinage avec le BTP et les promoteurs immobiliers de son prédécesseur, en pire. Aujourd’hui, le constat est simple : alors même qu’il a dilapidé le patrimoine des Fréjusiens, la ville n’en est pas moins désendettée. Et pour cause : cela a servi des tas de prestataires et de dépenses demandées par son parti et aucun investissement.

C’est-à-dire ?

L’endettement de la ville reposait sur des investissements en équipements de superstructure ou infrastructure comme des écoles ou la suppression du passage à niveau et donc, à terme, un patrimoine commun valorisé, alors que lui vend du patrimoine pour payer des dépenses de fonctionnement et/ou des frais exorbitants d’avocat. David Rachline n’a fait que profiter de la peur des gens et de la rentabilité électorale de son parti de cette triste situation, pour “vivre sur la bête”.

De nombreux articles ont été publiés vous impliquant dans une liste composée de différents partis politiques. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est vrai car depuis que je suis élu, je travaille sans ménagement à mon mandat en faisant fi de toutes les querelles passées et consacrant depuis juin 2017 tous mes week-ends au cours desquels je reviens à Fréjus, à réunir les familles politiques qui se sont divisées lors des dernières municipales. Le premier que j’ai vu, parce qu’il était l’acteur le plus important, étant Philippe Mougin, et je suis très fier d’avoir rallié celui-ci à mon idée que nous devions rassembler bien au-delà de la droite et du centre droit et proposer aux Fréjusiens une nouvelle génération à l’image de la majorité à laquelle j’appartiens : technicienne et au travail.

Aujourd’hui donc vous nous confirmez que vous êtes à la tête de cette liste ?

Je suis au coeur des discussions et des négociations car depuis le début je souhaite les réunir tous – clin d’oeil à Tolkien. Je l’avais annoncé lors d’une réunion en septembre 2017 et je n’ai jamais dévié de cet objectif ni ménagé aucun effort pour l’atteindre. Mon souhait étant de faire émerger une équipe nouvelle et plurielle. J’entends toutes ces personnes qui sur les marchés de coeur historique de la ville ou de Fréjus Plage le vendredi matin ou le dimanche, me demandent de prendre la tête de cette liste pour sortir David Rachline. Mais ce n’est pas l’objectif ou la priorité. Si mon nom ou ma personne est un obstacle, je saurais m’effacer et apporter mon concours à celle ou celui qui serait le mieux placé. Mes fonctions parlementaires sont tellement passionnantes, et mon rôle au sein de la majorité comme des instances nationales (Commission de la Défense, NDLR) ou internationales  (Assemblée Parlementaire de l’OTAN, NDLR), que j’ai vraiment de quoi être heureux dans ma vie actuelle et de quoi m’occuper jusqu’à la fin de mon mandat. Mais comme j’ai eu l’occasion de le dire : s’il faut que je me sacrifie, je serais prêt à le faire.

Vous parlez essentiellement de David Rachline et non du maire sortant, de la municipalité ou du parti qu’il représente. Pourquoi ?

Oui. J’entends les dirigeants du Rassemblement National dire que Fréjus est une vitrine de leur mouvement. Si vendre le patrimoine aux promoteurs professionnels du BTP ou faire des stades de football gigantesques pour payer des footballeurs deux fois le prix d’un médecin d’hôpital ou trois fois le prix d’un enseignant, c’est la vitrine du FN, alors je suis très inquiet pour notre pays. Ensuite, parce qu’il ne fait qu’agir sur les peurs pour amener à lui un électorat qui se fait tromper. Il suffit à chacun de descendre sur un des marchés de la ville pour se rendre compte que le vivre ensemble est une réalité.

Qu’est ce qui vous pousse à faire cette campagne ?

Justement, tous ces gens qui viennent à moi sur les marchés notamment pour me demander de faire quelque chose pour enfin rendre à Fréjus la place qui est la sienne.

Pourquoi votre liste est adoubée par tous ces partis ?

Ce ne sont pas les partis qui adoubent. Ce sont des personnalités de forte notoriété avec ou non une appartenance politique qui répondent favorablement à cet appel d’union, à ce sursaut républicain. 

D’autres candidats aux Municipales pointent votre liste du doigt comme un « fourre-tout » qui sera difficile à maîtriser si d’aventure votre liste gagne les élections. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

Bien le contraire ! Car ce que je fais c’est une vrai dream-team, avec des compétences pour chaque poste-clé. Par exemple, je propose aux écologistes pas seulement un poste d’adjoint à l’Environnement et à l’Écologie. Je veux que cet adjoint ait aussi des élus délégués aux Finances, aux travaux, à l’Urbanisme, aux Écoles, afin que dans chacune de ces disciplines, aucune décision ne soit prise sans avoir reçu l’aval d’un expert sur les questions environnementales et des énergies renouvelables. Il en sera de même pour la politique liée aux handicaps : non seulement je veux un adjoint en charge mais je souhaite là aussi des conseillers délégués à l’Urbanisme, aux Travaux, aux Sports, aux Personnels afin que là aussi chaque décision ait reçu le feu vert d’un spécialiste de la question si possible concerné. D’où mes adversaires peuvent dire c’est du “fourre-tout”, moi je dis que c’est de la compétence à la bonne place.

Beaucoup de vos adversaires disent que vous êtes “déconnectés” de l’actualité de la ville et que vous ne prenez pas assez position. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas parce qu’ils ne me voient pas au bar où ils sont tous les samedis matins que je ne suis pas à Fréjus. Je n’ai changé aucune de mes habitudes, et ceux qui fréquentent les marchés et les rues du centre-ville le savent très bien, et savent où et à quelle heure me trouver. Il est vrai que je refuse de traiter les interventions personnelles et ne traite les demandes que si elle relève de l’intérêt général car tel est le rôle du député : voter des lois d’intérêt général. Que toutes les réformes que nous avons faites à la majorité, qu’elles plaisent ou non aux Fréjusiens, elles les concernent tous comme la baisse des charges salariales  sur les petits salaires, la réforme du code du travail, la loi ELAN permettant de simplifier les procédures pour créer des logements sociaux ou la suppression de la taxe d’habitation. 

Ou le CETA ? Ou le glyphosate ?

Absolument. Le CETA a été pris comme prétexte par ceux qui sont contre le libre échange et tout ce qui vient de l’Amérique du Nord parce que c’est l’Amérique. Mais ces accords permettent à des pans entiers de notre agriculture d’être n°1 mondiale. J’entends ce qu’on nous dit sur quelques exploitations, quelques productions à bannir, mais le droit de veto sur l’importation de ces produits nous permet de les éviter. J’aimerais que ceux qui se servaient de ces arguments aillent regarder ce que l’on peut trouver dans des raviolis ou des knacky faits chez nous. En ce qui concerne le glyphosate, nous nous sommes engagés à le retirer dans deux ans maintenant. Si j’ai accepté ce délai qui peut paraître long, c’est parce qu’un retrait brutal et immédiat provoquerait une ruine de tout le système agricole français. Les agriculteurs de la plaine de l’Argens savent que faute de substituants, ils sont bien obligés d’en utiliser. Alors certes, cela ne fait pas plaisir quand je soutiens de telles positions, mais le rôle d’un élu est de savoir agir en responsabilité, de ne pas dire oui à tout le monde et de ne pas craquer sous la pression. Ceux qui me reprochent d’avoir voter le CETA devraient venir me soutenir face aux attaques de ceux qui me reprochent d’avoir déposé une proposition de loi visant à mettre fin aux corridas.

Que reprochez-vous principalement à la municipalité en place aujourd’hui ?

Je lui reproche d’avoir dilapidé le patrimoine des fréjusiens alors qu’au contraire ma politique est patrimoniale. Un maire ne peut pas jouer sur le pouvoir d’achat de ses administrés. En revanche il peut valoriser le patrimoine commun de chacun d’eux. Le patrimoine des Fréjusiens c’est sa jeunesse, sa nature, son Histoire.

Justement, sur quel programme ce « sursaut républicain » s’est assemblé ?

Exactement sur ces trois axes plus un couple prioritaire qui est le développement économique et le logement. En matière de jeunesse, nous devons combler sans retard, le manque de place en crèche ou halte garderie, ramener des crèches parentales en centre-ville serait un moyen de ramener de la ville au centre-ville. Protéger nos espaces naturels serait protéger le patrimoine que nous léguerons à ces jeunes générations auxquelles nous aurons permis de s’épanouir avec succès. Exhumer le patrimoine antique de la ville, le Port Romain, le clos de la Tour, apporterait une prospérité pour des générations entières. Bien sûr tout cela ne peut se faire sans une réorganisation de notre politique de la sécurité qui repose sur une volonté ferme de faire cesser les incivilités, ce qui est la première chose que me disent toutes les personnes que je rencontre et particulièrement dans la vieille ville. Voici certaines des idées que j’apporte dans le débat et les négociations avec ceux qui croient à cette union. Je voudrais juste arriver à faire accepter par tous qu’au lieu de surpayer des joueurs de football de quatrième division, je préférerais que nous attribuions des bourses à nos lycéens brillants qui pourraient faire Harvard ou devenir astronautes par exemple ! Il apporteraient bien plus à la notoriété de la ville que ces mercenaires qui viennent passer une saison au soleil au frais des contribuables fréjusiens.

Ne craignez-vous pas que les différentes listes aujourd’hui candidates aux élections ne fassent réélire le maire sortant comme ce fut le cas lors de la triangulaire de 2014 ?

Tellement que je ne ménage aucun effort, que je ne fais l’impasse sur aucune opportunité de convaincre les uns et les autres à ne pas reproduire le drame de 2014.

D’ailleurs, dans le cas d’une triangulaire ou plus au deuxième tour, quel est le mot d’ordre de votre liste ?

Soutenir le mieux placé pour sortir le maire RN de Fréjus.

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