Jadis nous étions les maîtres. Aujourd’hui, nous sommes la risée du reste du monde. Dans certaines disciplines sportives, sans vraiment qu’on sache comment ou pourquoi, la France a dégringolé dans les classements. Plus de résultats, plus de figure de proue, plus d’espoirs de victoire. Certaines disciplines où nous étions les rois nous échappent totalement, pour des raisons qui restent obscures, ou pour des motifs bassement économiques contre lesquels il sera très difficile, voire impossible de lutter. C’est à la lecture de certains palmarès d’épreuves, remplis de drapeaux français quand on prend la liste depuis le début, puis vides de bleu blanc rouge à trois bandes sur la fin, qu’on se rend compte que nos anciennes disciplines fétiches sont désormais des champs de bataille où le sportif français se fait trucider par la concurrence, parfois près du but, parfois à des milliards de kilomètres. Petit tour d’horizon des sport qui ont muté plus vite que leurs pratiquants français.

Le cyclisme – Ne cherchez pas à tergiverser, ou à disserter sur les secondes places de Pinot ou de Bardet, les cyclistes français sont nuls. Enfin, nuls…pas à la hauteur de ce qui se fait ailleurs. En tous cas, le Blaireau Bernard Hinault peut dormir sur ses deux oreilles s’il voit d’un mauvais œil le fait qu’un Français lui succède au palmarès de la Grande Boucle, parce que c’est pas demain la veille. La faute à une mutation en profondeur du cyclisme, qui s’est déplacé dans les pays anglo-saxons, où l’on trouve aujourd’hui les champions les plus complets (et aussi les mieux dopés, si l’on en croit les expériences récentes, merci Messieurs Armstrong, Landis, Hamilton, etc). Le coureur français ne peut à l’heure actuelle compter que sur des équipes en galère de budget, donc de coureurs. Il se bat contre plus fort que lui, contre des gens qui sont mieux préparés, mieux entourés, mieux nourris et mieux payés. Et qui en plus ont plus de qualités, et qui ne se font jamais avoir en course, contrairement à ce qui arrive régulièrement à nos meilleurs coureurs, qui perdent 6 minutes sur une bordure en première semaine, puis qui se battent pour sauver leur place sur le podium, pendant qu’un pacha se dandine en jaune au ralenti dans les cols des Alpes. Bref, c’est cuit, recuit, archi-cuit. Blaireau, tu peux dormir tranquille encore 31 ans.

Le tennis – Tsonga qui gagne un grand chelem, vous y croyez, vous ? Nous, pas un instant. Il se trouve que la dernière victoire française en Grand Chelem, chez les hommes, c’est Yannick Noah en 1983 à Paris. Et que depuis, Pioline, Clément, Tsonga ou Leconte sont arrivés en finale, mais sont toujours tombés sur un os qui ne leur a laissé absolument aucune chance, ni même aucun espoir. Pioline a mangé de plein fer le mur Pete Sampras, Leconte c’était Wilander, Clément c’était Agassi. Heureusement, les femmes jouent aussi au tennis, et Mary Pierce (la moins française des joueuses françaises, direz-vous), mais surtout Amélie Mauresmo (qui a même entraîné par la suite Andy Murray) ont gagné des trophées dans les 20 dernières années. Mais c’est pas fou non plus, quand on sait que la France a gagné la coupe Davis deux fois (en arrivant très souvent dans le dernier carré), deux fois la Fed Cup (dont une fois avec Stéphanie Cohen, en 2003, 61e mondiale au max de sa carrière). Mais non. Par les temps qui courent, le tennis masculin est tellement écrasé par le duo Djokovic – Murray qu’un espoir de victoire est plutôt chimérique. Et comme les dix années d’avant c’était Federer – Nadal, et que juste avant c’était Sampras – Agassi, et qu’encore avant c’était un mélange de Lendl, de Becker, et d’une armée de Suédois, bref…sont loins, les Mousquetaires.

Le rugby – Le XV de France va forcément vivre une période de lente agonie. Pourquoi ? Parce que le rugby français fonctionne selon le même modèle que le football anglais. Notre championnat est le plus riche de la planète, nos clubs sont des machines de guerre capables de dézinguer n’importe quelle escouade. Seulement, Clermont, le RCT ou pire encore, Montpellier, sont des mécaniques qui tournent beaucoup avec la crème des joueurs étrangers, venus de toute la planète. En gros, les meilleurs joueurs du monde squattent les pelouses du top 14 chaque weekend, puis retournent dans leurs sélections lors des test-matchs et des grandes compétitions internationales, pour nous mettre à mal. Parce que si on regarde bien, que ce soit contre les SudAfs, les Neo-Z ou les Aussies, on se retrouve assez souvent avec un Français très fort qui se frise comme il peut en face du mec qui tient le poste de titulaire dans le même club que lui. Alors oui, l’esprit d’équipe, le french-flair, tout ça. Mais quand on en prend 60 dans la tête, on va se coucher et on réfléchit.

La Formule 1 – Paradis de l’entre-soi, la Formule 1 a ceci de beau qu’elle est un sport d’une noblesse absolue où les pilotes risquent leur vie chaque weekend. Elle a cependant cet aspect d’une laideur infâme qu’elle est un sport de riches, de « fils de », et qu’elle est aujourd’hui une affaire certes de talent et de courage, mais beaucoup d’argent, de mécanique et de règlement. Notre seul porte-étendard est le très sympathique Romain Grosjean, qui ne sera pas champion du monde tant qu’il ne pilotera pas la bonne voiture, parce que de toute façon c’est toujours la meilleure caisse qui gagne. Peu importe qui on met dedans ? Pas tout à fait. Disons que les questions d’argent sont si importantes que l’écurie la plus riche fabrique la meilleure voiture, et peut donc se permettre en sus d’embaucher le meilleur pilote pour la mener au bout. Conclusion : MacLaren a du blé, et Rosberg/Hamilton sont plus forts que la concurrence à l’heure actuelle. De surcroît, Grosjean n’est pas vraiment français, mais Franco-Suisse, fils d’avocat, c’est toujours la même histoire. Disons que ceux qui sont issus de milieux modestes ne sont pas légion, puisqu’en général on commence la sport automobile par le kart, et que des parents qui payent des séances de karting à leurs gosses, y en a pas beaucoup à la Gabelle, aux Luquettes ou aux Chênes Verts à la Bouverie. Quoi qu’il en soit, petite pensée pour Alain Prost, dernier champion du monde français il y a 23 ans, et aucune pour Jacques Villeneuve, dernier francophone à avoir gagné le titre, sans aucun charisme. Et réécoutez les mots de Marc Minari à son sujet lors du dernier grand prix de la saison 96-97 à Jerez, de l’or en barres (soit disant c’est destiné à un mécano…tu parles…)

 

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