Benjamin Blanchard est fou, voilà, ça, c’est dit. Il est fou de bécanes, et de création. Il ne peut vivre sans l’un ou sans l’autre, et ne peut plus dissocier l’un de l’autre. Alors il customise des motos, tout le temps, et fait tout ce qu’il peut pour rouler avec. Des sportives, des vieilles brelles un peu moisies, des trucs d’un autre temps, tout l’intéresse. C’est en pleine modification de ce qu’il appelle « un très gros BMX » que nous l’avons rencontré, dans l’atelier du Lobo Concept Store à Fréjus, où il bricole ses petits bijoux avec tout ce qu’il a dans le ventre, matériaux, connaissances, idées saugrenues et contraintes techniques (et légales). Il va parfois tellement loin dans ses projets qu’il fabrique des motos qui ne peuvent même pas rouler, et c’est là qu’il est génial : trop, c’est pas assez. Rencontre avec un furieux, qui a créé son délire, Impoz.

Benjamin, si tu devais résumer ton art en quelques mots, tu en dirais quoi ?

Que j’essaie de transmettre des émotions avec des formes. Ces formes n’ont pas la même résonance selon qui les regarde. J’essaie de transgresser certaines règles pour déclencher quelque chose chez les gens.

La moto c’est ta culture depuis toujours ?

Je suis né dedans. C’est un héritage familial fort. Je n’ai pas simplement besoin de faire de la moto, j’ai besoin d’avoir des motos, au moins une à disposition en permanence, si j’en ai plus, je ne me sens pas bien.

Tu es sculpteur, en fait ?

Je sculpte des formes, sur une base de moto. Certains disent que mes motos deviennent des sculptures. C’est mieux si je fabrique des engins qui roulent, mais si on veut pousser la créativité très loi il fait faire des choix, surtout quand on n’a pas des budgets illimités. Certaines formes hors normes m’imposent parfois d’accepter la contrainte de ne pas rouler, parce que je veux innover, et faire des choses récréatives. En tant que petit préparateur moto, même si je ne m’apparente qu’à moitié à ce métier, les homologations c’est un vrai problème. Je garde mes motos pour moi, ça enlève une grande partie des soucis.

Tu fais parfois des démonstrations en action ?

J’aime bien délirer avec des potes, ça m’arrive, de vouloir bricoler des motos rien que pour rouler une fois avec eux sur un terrain spécial, oui.

Comment en es-tu arrivé à cette démarche de customisation extrême ?

C’est un pur héritage familial. Mon père a été l’un des principaux hot-roders des années 80, sa voiture est l’une des plus connues en France. Ma mère a fait des études de stylisme, le mélange des deux se retrouve chez moi. Mon père est bizarrement plutôt contre ce que je fais quand je pars dans des délires trop loufoques, il essaie de me recadrer un peu, mais c’est moi qui gère tout de A à Z, il peut aussi e dire à la fin que j’avais raison.

Tu as conservé tous tes projets menés à terme ?

Non, j’ai été obligé d’en vendre une, en l’état, un modèle sur lequel j’ai travaillé deux ans, mais j’avais besoin d’argent. Elle a fait tous les blogs de design, elle a fini au Ghana, là-bas pas de problèmes d’homologation, même pas de route !

On t’appelle pour que tu t’occupes de motos particulières ?

Je suis peu présent sur la scène locale, parce que mon travail a surtout té connu par le biais d’Internet et des magazines. On me demande, mais en général je refuse parce que les contraintes budgétaires, de temps, les remises en question, m’empêchent de faire exactement ce que je veux. Moi, je veux faire exactement ce que je veux, comme je peux, ce n’est pas mon métier à temps plein, je suis designer. En faire une profession c’est difficile, c’est mon exutoire, ma passion. J’ai toujours vécu dans l’idée que préparateur moto n’est pas vraiment un métier, je vis ma passion. Je commence à mettre un peu les mains dans la mécanique, etc…

Tu supportes de rouler sur une moto d’usine ?

Bien sûr, j’en ai, il faut des jouets et des trucs plus pointus !

Et que penses-tu de leurs positions, niveau design, lignes ? Ils bossent comme tu aimes ?

Les designers moto ont toujours été des précurseurs en terme de lignes, ils poussent plus loin, toujours. Dans les années 80 les motos japonais étaient très manga, ça change tout le temps. KTM, Katana, Ducati, font des choses très intéressantes.

Pour voir plus en détail les projets aboutis de Benjamin Blanchard, cherchez simplement Impoz sur Internet, vous allez être servis !

Laisser un commentaire