Bah Alors ?

Banlieusards : une autre vision de la banlieue signée Kery James

05 juin 2020
de Enzo Zanchi

Et dire que personne n’en a voulu pendant plus de 5 ans ! 5 années de refus et de portes claquées au nez pour le rappeur Kery James qui a décidé de se lancer dans le cinéma. C’est finalement sur Netflix, que "Daddy Kery" a endossé la double casquette d’acteur/réalisateur en coproduisant le film avec Leila Sy. Un choix qui s’est avéré payant, car le film a rencontré un énorme succès. Plus de 2 millions de vus en 7 jours, le long-métrage prend la 3e place des films les plus visionnés sur la plateforme pendant l’année 2019. "Banlieusards" est un triple portrait, un film « coup de poing » qui ne parle pas des banlieues, mais des gens qui y vivent.

 

Trois frères, trois chemins différents. Originaires d’un quartier de banlieue parisienne, Demba, est l’aîné de la fratrie, mais aussi caïd à la tête d’un réseau de trafic de drogue. Son cadet, Soulaymann est un étudiant modèle qui a pour ambition de devenir avocat. Le jeune homme se prépare pour le concours Eloquentia et doit répondre à la question : « L’État est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues en France ? ». Lors d’un duel acharné en finale du concours contre son adversaire, Lisa, on assiste à une véritable leçon de rhétorique presque de sémantique. Le benjamin de la fratrie, Noumouké, 15 ans doit encore choisir sa voie avec pour exemples deux frères au parcours opposés.

 

« Ce film transpire qui je suis » a déclaré Kery James. Son objectif : ne pas raconter la banlieue, mais ceux qui y vivent. Les travailleurs, les étudiants, ceux qui se battent pour sortir de la précarité. Mettre un coup de projecteur sur la diversité dans certains quartiers effacés et souvent stigmatisés.

 

Dix ans après la sortie de son morceau « Banlieusards », Kery James continue de mettre en lumière la banlieue, mais cette fois-ci à travers l’objectif de la caméra.

« On n'est pas condamné à l'échec, voilà l'chant des combattants Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants ».

 

« Banlieusards », Kery James, Leila Sy

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