Bah Alors ?

Joker - La valse dystopique

12 juin 2020
de Enzo Zanchi

Joker, c’est la bonne surprise de l’année 2019. Une bombe qui a remué tout l’univers du cinéma tant dans l’originalité du film que l’interprétation des personnages. Un thriller psychologique sombre et violent qui nous emporte. Un incroyable triomphe au box-office mondial, ce film aux critiques élogieuses a remporté plus d’un milliard de dollars de recettes. Le film réalisé par Todd Phillips a également obtenu de nombreuses récompenses. Un Lion d’or à la Mostra de Venise en 2019, nommé plus d’une trentaine de fois dans plusieurs catégories (Golden Globes, Oscars, Césars du meilleur film étranger). Son acteur principal, Joaquin Phoenix qui interprète le rôle du Joker a notamment été salué. Il a remporté le Golden Globe du meilleur acteur dramatique et l’oscar du meilleur acteur. La compositrice de la musique du film, Hildur Guonadóttir a aussi été récompensé à son tour par un Golden Globe et l’oscar de la meilleure musique de film. Quand on vous dit que Joker c’est du costaud, c’est que c’est du costaud.

 

Joker, c’est une histoire qui se déroule en 1981 à Gotham City. Le personnage principal Arthur Fleck est un comédien de stand-up raté. Au fur et à mesure que les années passent, il se retrouve confronté à une société qui le méprise et le rabaisse. Il est condamné à vivre une vie maussade dans un appartement délabré qu’il partage avec sa mère malade. Un soir, Arthur Fleck se fait agresser par trois traders alcoolisés dans le métro. Une agression qui le pousse à riposter et les tuer en retour. Cette histoire défraye la chronique et les médias. La population prend cet acte pour exemple et l’idée de s’en prendre aux puissants prend de l’ampleur. Gotham City sombre dans le chaos, les voitures s’enflamment, la révolte gagne les rues. Arthur Fleck bascule dans la folie et devient le Joker, le plus grand criminel de Gotham City.

 

L’extraordinaire interprétation du Joker

 

Il danse avec la mort torse nu devant sa télé. Sa danse souple et fluide est menée par un corps squelettique, marqué par les blessures du passé. On suit l’évolution de cet individu pâle et maigrichon devenu victime d’une société où les plus puissants règnent. Pour interpréter le rôle du Joker, l’acteur Joaquin Phoenix a dû se plonger dans les pensées d’un individu qui souffre de troubles mentaux, enseveli sous les antidépresseurs et les pensées négatives. L’acteur de 44 ans a également dû suivre un régime drastique et perdre 23 kilos. "Je voulais qu’Arthur ait l’air affamé, tel un loup qui n’aurait pas mangé pendant trois semaines" a déclaré Todd Phillips, le réalisateur du film. Mais le joker c’est aussi un rire, un rire puissant et incontrôlable qui donne des frissons dans le dos. Pour travailler son rire à la perfection et le rendre plus effrayant que jamais, Joaquin Phoenix a regardé des vidéos de patients souffrant de rires pathologiques, une particularité qui provoque chez les patients un rire incontrôlable. Pendant plusieurs semaines l’acteur s’est entraîné pour pouvoir rire sur commande. "C’est une part d’Arthur qu’il essaie de réprimer. Joker fait éclater son rire à des moments bien particuliers, qui vont isoler Arthur, le faire passer pour un mec bizarre, pour un monstre, au regard des gens et de la société” a expliqué Joaquin Phoenix. L’acteur a aussi confié que tous ces efforts pour rentrer dans la peau du personnage ont eu quelques répercussions sur sa santé mentale, à tel point qu’il a cru, à un certain moment du tournage, devenir fou.

Partager