Bah Alors ?

le nouveau visage de la CAVEM : cinq maires, un député, un consensus

02 juillet 2020

Les municipales sont désormais derrière nous et les habitants de la CAVEM ont désigné leurs maires. David Rachline,Frédéric Masquelier, Jean Cayron, Paul Boudoube et Jean Paul Reggiani sont respectivement les premiers magistrats de Fréjus, Saint-Raphaël, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens et les Adrets de l’Estérel. Le 11 juillet, il s’agira désormais, lors du premier conseil communautaire, d’élire le président et de définir les délégations de chacun des représentants des communes. Y aura-t-il une “bataille” comme lors de l’élection de Roland Bertora ? La réponse est clairement non. Jeudi 2 juillet, les maires se sont réunis en mairie d’honneur à Saint-Raphaël, et en présence de Philippe Michel-Kleisbauer, député de la Ve circonscription du Var, pour discuter et travailler sur l’avenir de notre communauté d’agglomération. Une nouveauté qui fait abstraction des divergences politiques de chacun, pour le bien de tous.

 

Pour quelles raisons vous êtes-vous réunis ?

 

Frédéric Masquelier : Nous nous sommes réunis pour évoquer l’avenir de la gouvernance de la CAVEM et pour voir qu’ensemble nous allons dépasser nos différences politiques que chacun conservera pour les diverses élections à venir. Dans le cadre du fonctionnement de la CAVEM, nous laissons de côté les étiquettes et on travaille avec les personnes démocratiquement élues.

 

C’est le message que vous souhaitez faire passer ?

 

FM : C’est le message, et il n’y en a pas d’autres. Il n’y a aucune position politique ou politicienne à avoir avec la manière dont nous allons fonctionner.

 

Aujourd’hui les maires se réunissent à Saint-Raphaël. Est-ce que cela officialise en quelque sorte votre prochain rôle de président de la CAVEM ?

 

FM : Je reçois l’ensemble de mes collègues et nous attendrons l’élection du 11 juillet pour voir qui assurera la présidence. Mais je vous fais une confidence : ce sera l’un de nous cinq qui sera président de la CAVEM (rires).

 

M.Cayron, dès le prochain conseil communautaire, vous siégerez en tant que maire. Quelle sera la nouvelle voix de Roquebrune à la CAVEM ?

 

Jean Cayron : Ce sera une voix différente de la précédente. Ce sera du travail, du travail et rien que du travail.

 

Pensez-vous que la modification du nombre de sièges par ville dans le conseil aura un impact sur le fonctionnement de l’agglomération ?

 

Jean Paul Reggiani : Il n’y aura pas trop de différences si ce n’est que j’aurai plus la parole. Je pourrais discuter - comme vient de le dire M.Cayron - de travail et encore de travail. Jusqu’à présent, je ne pense pas que ce soit le cas.

 

FM : Nous allons travailler par consensus. Si vous prenez un conseiller européen, personne ne se demande s’il est dans l’opposition ou dans la majorité. Cela ne fonctionne pas de cette manière. Il y a des sujets communs qui sont portés sur la table, parfois nous aurons des différences, peut-être même des oppositions, mais ce n’est pas bien grave, car nous travaillerons pour dégager à chaque fois une solution. La méthode de travail c’est celle-ci : il n’y a pas de majorité ni d’opposition, il y a des projets sur lesquelles nous devons nous mettre d’accord.

 

De quoi avez-vous discuté aujourd’hui ?

 

FM : Tout d’abord de ces principes que je viens de vous citer. Ensuite nous avons discuté de la gestion de la crise COVID-19, du positionnement de la CAVEM dans le Var et par rapport aux autres métropoles et enfin la répartition des compétences puisque chacun est plus ou moins intéressé par des sujets. Par exemple, Saint-Raphaël est moins concerné par les inondations de la plaine de l’Argens, il y a des intérêts communs comme le développement économique, etc. Cette répartition se fera en bonne intelligence. Nous nous connaissons, nous nous respectons et nous travaillerons ensemble.

 

Ensemble et avec le député. M. Michel-Kleisbauer, qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Je me tiens à leur disposition pour relayer leurs demandes, puisqu’elles vont émerger unanimement de l’agglomération, et les appuyer autant que faire se peut pour qu’elles réussissent. Même si elles ne correspondent pas totalement à ma philosophie, du fait que ce sont des demandes des maires qui sont regroupés dans l’agglomération et pour le bien de celle-ci, je le ferai. J’ai eu l’occasion de le faire une fois sur la taxe GEMAPI. Sur la fenêtre de tir du MoDem, nous avons pu anticiper le prélèvement de cette taxe du 1er janvier 2020 au 1er janvier 2019. Leurs prédécesseurs en avaient besoin et le sous-préfet me l’a demandé. Ce n’est pas dans ma politique de faire des taxes, mais la réalité est que la communauté de nos villes en avait besoin et donc je l’ai porté. Je resterai à leur disposition et je suis encore plus heureux de ce fonctionnement parce que nous avons pu même l’anticiper avant de rentrer en fonction : nous en avions parlé avec les maires de Saint-Raphaël et de Fréjus et aujourd’hui avec les autres maires.

 

Pendant la campagne, l’idée d’une présidence tournante a été souvent évoquée. Dans les faits, comment cela fonctionnera-t-il ?

 

David Rachline : La question des postes en réalité nous importe peu. Ce qui est essentiel c’est la vision que nous avons du territoire le consensus que nous pouvons créer autour d’elle. À partir du moment où tout le monde est associé à la gouvernance, alors cela fonctionnera bien. Peu importe les personnes à vrai dire.

 

Avez-vous défini les délégations de chacun d’entre vous ?

 

FM : Nous avons vu une répartition par ville avec quatre représentants de Fréjus, quatre représentants de Saint-Raphaël, trois de Roquebrune, deux de Puget et un des Adrets. Chacun a mis en avant des domaines où il pouvait apporter quelque chose. Nous avons défini les grands contours et maintenant nous devons les préciser pour le 11 juillet.

 

M.Boudoube, comment voyez-vous ces nouvelles réunions ?

 

Paul Boudoube : Je pense que notre entente est bonne, car le but global reste de développer le territoire. Nous allons travailler aussi sur les événements climatiques et en particulier l’inondation de la vallée de l’Argens qui est un sujet très important. Aussi, ce travail en symbiose va nous permettre de réaliser nos tâches dans une forme de sagesse collective.

 

Avez-vous prévu de vous réunir de cette manière régulièrement ?

 

FM : Oui absolument. Tous les mois les maires se réuniront de cette manière pour mettre en avant les projets ou éventuellement aplanir des différences. Cela se fera donc chaque mois, en bonne intelligence, avec les maires et par consensus. Encore une fois, il n’y a pas d’opposition ou de majorité. Il y a des gens qui se mettent d’accord, parfois en faisant des efforts. C’est notre intérêt commun et nous avons tous intérêt à ce que cela fonctionne. C’est d’ailleurs ce qui est demandé très largement par la population. Les gens en ont assez des postures politiciennes. D’ailleurs lors des dernières élections, c’est souvent ceux qui avaient le plus d’étiquette qui ont fait les moins bons résultats.

 

 

 

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