Bah Alors ?

“Parasite” de Bong Joon-Ho, Palme d'or du Festival de Cannes

18 août 2020
de Thierry Saunier

Outre les qualités intrinsèques du film, indéniables et considérables, “Parasite” de Bong Joon-Ho aura eu le mérite insigne, via la multitude de récompenses collectées, de la Palme d’Or à l’Oscar du meilleur film, d’avoir replacé la Corée sur la mappemonde de la cinéphilie mondialisée. Le “petit dragon”, puissance asiatique tant économique que technologique, dispose en effet d’une cinématographie diverse, riche et variée. Du côté du cinéma de festivals, les estimables Park Chan Wook - Grand Prix du Jury à Cannes en 2004 - et Hong Sang Soo, et le plus discutable Kim Ki-Duk - Lion d’Or à Venise en 2012 - accompagnent BJH.

 

Mais ce cinéma a aussi un autre visage, plus mainstream - un peu sur le modèle français. Au reste Bong Joon-Ho lui même y aura donné son écot, entre blockbusters et polars. C’est à ce dernier registre qu’appartient “Lucky Strike”, heureuse découverte de Kim Hyun-Moon. Un objet convoité qui circule de main en main au gré d’un scénario alambiqué, pervers et ingénieux, un flashback habilement ciselé, une touche de sadisme désamorcée par des vignettes drolatiques : Tarantino est le modèle et l’idole revendiqués par ce nouveau venu.

 

Cependant, à la différence de grand nombre d’adorateurs transis, KHM ne se satisfait pas de multiplier hommages et clins d’oeil à son dieu vivant jusqu’au pastiche. Il déroule avec maestria et élégance une histoire coréenne, dont les mobiles puissants sont la vénalité et l'aveuglement qui s’en déduit. Ce polar est drôle et frais comme une glace caramel au beurre salé par temps de canicule.

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