Bah Alors ?

Freeze Corleone : La Menace Fantôme (enfin) disponible

11 septembre 2020
de Arthur Deux

Difficile de sortir son album dans de bonnes conditions quand on est Freeze Corleone. Le rappeur qui fait beaucoup parler de lui en cette année 2020 a vu les 6000 précommandes de son album annulées par la Fnac. Une sortie reportée plus tard, et voilà que le 11 Septembre, à deux heures du matin, LMF est sorti.  

 

Très attendu par les fans de rap, le rappeur dont la notoriété a explosé en quelques mois à peine peut enfin dormir sur ses deux oreilles. 17 tracks et une écoute d’un peu plus d’une heure suffisent déjà à ravir les adeptes du 667 (son collectif de rappeurs). Mais que vaut-il vraiment ?

 


Qui es-tu Freeze Corleone ?

 

De son vrai nom Issa Lorenzo Diakhité naît en Seine-Saint-Denis, mais passe son enfance entre Dakar et le Canada. C’est dans ce dernier pays que se forme son influence musicale, basée sur la scène rap américaine, entre Atlanta et Chicago, là où la trap est reine. Dans ses projets précédents, on retrouve beaucoup de références à la culture nord-américaine, allant des séries US, au sport, en passant par la politique. C’est à travers cette multitude de références que Freeze Corleone crée son propre style. Il multiplie les phases en « comme » et traite d’un point de vue parfois très engagé, de situations actuelles. Mais c’est avec l’arrivée de la drill UK et sa popularité naissante que le fondateur du 667 se fait connaître d’un plus grand public. En étant un des premiers à amener ce style de musique, il entretient cette image « ricaine » dans le rap français, ce qui lui a très vite permis de se créer une véritable communauté.

 

 

La Menace Fantôme

 

Près d’un an et demi après la sortie de son projet PBM, Freeze revient avec La Menace Fantôme, et pose immédiatement les bases... et les basses. Freeze Raël, le premier morceau du projet (y comprendre Free Israël) arrive avec des sonorités totalement saturées, sur lesquelles le rappeur pose à sa manière. Froide, technique et explicite. Ce qui lui a d’ailleurs valu quelques punchlines censurées. L’album est, étonnamment, diversifié dans ses productions, alors que ses habituels producteurs restaient dans un style très restreint. Il y a donc une prise de risque volontaire, légères certes, mais qui témoigne de l’envie de Freeze d’évoluer. Dans les paroles, en revanche, rien ne change drastiquement. Il y entasse toujours une multitude de références, qui s’enchaînent, parfois, sans queue ni tête. Ce qui donne à certaines pistes des airs répétitifs, comme si la musique n’était pour lui qu’un moyen de prouver sa technicité. Freeze Corleone fait donc du Freeze Corleone, bien qu’il essaye de s’adapter à des mélodies quelque peu différentes. Pour les plus curieux, un son vaut le détour : Rap Catéchisme. En featuring avec Alpha Wann (le rappeur préféré de ton rappeur préféré), le morceau se veut être un tour de passe-passe stupéfiant entre deux des artistes les plus techniques et imaginatifs de la scène actuelle. Un sans fautes donc.

Pour ce qui est du reste, nulle ne doute que beaucoup de sons passeront vite aux oubliettes.

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