Bah Alors ?

La fin d’une belle (et longue) histoire entre Jean-Pierre Pernaut et son JT de 13h

15 septembre 2020
de Arthur Deux

Le présentateur phare du deuxième journal télévisé le plus suivi de France, a annoncé ce Mardi 15 Septembre qu’il mettait fin à 33 ans de bons et loyaux services. La fin d’une époque, car beaucoup ont uniquement connu Jean-Pierre Pernaut à la tête de ce programme. L’histoire d’une icône.


Sa voix, sa bienveillance, sa présentation sans prompteur et l’ouverture de son journal par la traditionnelle météo contribuent à écrirel’histoire de ce présentateur, formé à l’ESJ de Lille, qui aura marqué plus d’une génération.

 

 

Personnaliser l’information

 

Avec le temps, Pernaut est devenu l’image du 13h, si bien qu’on demande, en allumant sa télé « à mettre Pernaut » plutôt qu’à « mettre le journal ». Mais ce succès, devenu presque institutionnel (5.96 millions de téléspectateurs en moyenne), n’est pas apparu immédiatement. C’est en 1988, après le changement de président du groupe TF1 que le programme est réorienté. On fait appel à des correspondants par région, une première pour un journal télévisé, afin de rendre l’émission plus populaire. Un revirement qui s’avère rapidement fructueux, puisque les audiences deviennent supérieures à celles des autres chaînes.

Les Français s’attachent à ce journal, et à son présentateur, qui voit accroitre sa popularité. Son nom fait régulièrement partie du haut du classement des personnalités préférées des français. Cette orientation, il l’assume totalement malgré les critiques qui n’ont jamais cessé : « Il faut savoir à qui l’on s’adresse. Nous, nous visons les habitants des petites villes et des villages. Notre ambition : la proximité. » Le journaliste aime faire vivre son journal, il se contente rarement d’une présentation classique et institutionnelle, mais se permet régulièrement d’exprimer son avis, souvent avec un petit commentaire à la fin d’une diffusion.

 

 

Son journal

 

En effet, le mari de Nathalie Marquay aime donner son avis, passant outre l’objectivité supposée du journaliste. Après tout, 30 ans sur la même chaise, ça met à l’aise. Parfois, peut-être, un peu trop… En Septembre 2017, il provoque un vrai scandale en commentant entre deux reportages : « Plus de place pour les sans-abris, mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir » La LICRA s’était alors indignée, ce qui avait provoqué un rappel à l’ordre du CSA. Illégitime selon JPP, qui se justifie de n’avoir fait « que son travail de journaliste. »
Cette manie à commenter l’actualité lui vaut même une petite chronique pendant le confinement, alors que Jacques Legros le remplace en plateau. Il se permet même de critiquer ouvertement le gouvernement à l’heure du déconfinement. Entre ses reportages parfois répétitifs, et ses prises de paroles assumées, Pernaut aura marqué l’histoire du groupe TF1. Mais il l’assure : « Je continuerai à animer d'une manière ou d'une autre nos belles opérations SOS villages et l'élection du Plus beau marché de France. »

Partager