Bah Alors ?

Damso entretient le mystère avec la sortie de QALF

18 septembre 2020
de Arthur Deux

Ses fans l’attendaient depuis plus de deux années. L’album de Damso, intitulé QALF est enfin sorti dans la nuit du 18 Septembre. Et non sans faire beaucoup de bruit ! Dès la fin des 45 minutes d’écoutes, sur les réseaux sociaux, les premières théories fusaient.

 

Le rappeur belge aime cultiver le mystère autour de sa musique laissant ses fans l’interpréter, et y trouver des théories. Et Damso, ou William de son prénom, n’en est pas à son coup d’essai. Avec QALF, il continue efficacement sur sa lancée. La promotion de l’album était déjà très opaque, avec seulement un alphabet grec en guise d’indice. Maintenant disponible, voilà que les premières hypothèses grandissent déjà.

 

 

Un album très personnel

Une analyse de sa musique permet d’affirmer qu’il existe deux versions de l’artiste : le rappeur, Damso, très cru, voire sale parfois, à l’univers sombre et agressif. Le chanteur, William, plus personnel, intelligent, qui aime essayer des musicalités différentes de celle du départ. QALF, c’est celui de William. Celui du père de famille de 28 ans, divisé entre sa carrière et sa famille. Il y témoigne des problèmes de la célébrité, des difficultés à rester proche de sa famille, tout en continuant à travailler. Dans Life Life, il dit : « J’compte plus les anniversaires que j’ai manqués. D’ailleurs c’est celui de ma mère en ce moment. Mais faut charbonner, faut que j’paye ses médicaments. » Dans Deux Toiles de Mer, on y entend même un message vocal enregistré par son fils, preuve de cette volonté de partager sa vie, telle quelle. L’album est très introspectif donc, l’écoute se fait de manière fluide, et il est agréable de voir l’artiste aussi transparent dans ses paroles.

On trouve une énorme diversité dans les musicalités, beaucoup de mélodies et de refrains chantés, plus accessibles que lorsqu’il rappait sous l’aile de Booba. Les featurings sont à l’image de cette volonté d’étendre sa palette ; Hamza, Lous and the Yakuza et Faly Ipupa ont, en effet, tous des styles très différents. Ses influences africaines sont également présentes sur plusieurs pistes de l’album. D’autres morceaux se rapprochent aussi du pop/rock, plus que de la trap pure et dure. Mais il y en a pour tous les goûts, les amateurs du rappeur sauront se retrouver, par exemple, dans les bangers BXL Zoo ou D’ja Roulé.

 

Une discographie en histoire

Sa carrière, et tous ses projets sont mûrement réfléchis. Dans son tout premier EP (Salle d’attente) sorti il y a 6 ans, on entend déjà le nom QALF, comme si tout était prémédité. Spoiler : Tout est prémédité. (Et accrochez-vous, c’est un peu complexe.)

Chaque album suit en fait un gigantesque storytelling. Dans son premier EP donc (2014), un docteur fait la rencontre d’un patient, dont le corps est partagé entre deux personnalités, l’une étant Damso, l’autre William. A la fin de l’écoute, on apprend que William travaille sur un projet nommé QALF, mais rien n’aboutit car la colère de Damso prend le dessus, à cause d’un problème de batterie sur son téléphone. C’est la naissance de Batterie Faible (2016). L’album est vulgaire, violent, Damso laisse libre cours à son agressivité.

S’en suit un deuxième album, Ipséité (2017), partagé entre les morceaux écrits par Damso, et ceux écrits par William. Le public découvre alors une nouvelle facette du personnage, moins brute ; ce qui explique en partie son grand succès (disque de diamant). Le dernier morceau, Une âme pour deux, est une clé dans l’histoire. Le docteur déjà présent au début explique que les deux personnalités se sont affrontées pour prendre la place de l’autre, provoquant la mort du patient.

L’introduction de son 3e album, Lithopédion (2018) met en scène le réveil du patient, qui a réussi à faire cohabiter ses deux personnalités. L’album met en place un paradoxe entre la douceur des sonorités, et la force des paroles. Il se conclut par le titre William, ou ce dernier dit : « Dernier album, ou peut-être pas, la vie nous le dira. »

 

Un double album ?

QALF est donc l’album de William. Seul à bord du vaisseau, il y produit une musique plus sincère et poétique, loin du Damso de Batterie Faible. Mais à l’écoute du dernier son, l’idée d’un double album parait immédiatement évidente. Et ce pour plusieurs points.

Premièrement, le son est intitulé Intro, ce qui peut annoncer l’arrivée d’une autre partie, produite par Damso. Le son se termine par le bruit régulier d’un électrocardiogramme, avant d’entendre, comme sorti d’un cauchemar, le rappeur crier « Nwaar » (une de ces mimiques très présentes à l’époque de son premier album). Les dernières paroles de l’album sont « Batterie rechargée », en référence à Batterie Faible. (On vous l’avait dit. Tout est réfléchi.)

Les théories affublent donc quant à la sortie d’un deuxième album, qui saurait ravir ses fans de la première heure, et de son rap tranchant. De plus, QALF n’apporte aucune réponse sur l’énigme du calendrier grec, ce qui a eu pour conséquences de, littéralement, faire exploser les réseaux sociaux.

Double album, ou peut-être pas, vendredi 25 nous le dira.  

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