Bah Alors ?

Nathy : La serial colors de Fréjus

24 septembre 2020
de Arthur Deux

Difficile de savoir où donner de la tête lorsqu’on rentre dans l’atelier de Nathy, installée depuis un peu plus de trois ans à Fréjus. Nathalie Paccalet, de son vrai nom se qualifie de « serial colors ». Elle découpe, colle, peint et dessine sur tous les supports, dans un style à la fois pop et urbain.

 

Comment ça a commencé ?

Depuis petite je suis passionnée d’art, je me rappelle encore dessiner au stylo sur les cahiers de ma grand-mère. Ce goût pour l’art m’a poussé à apprendre par moi-même, je suis donc cent pour cent autodidacte. Cela fait maintenant près de 25 ans que je vis de ma passion.

 

Comment décrire votre art ?

J’ai travaillé beaucoup de supports et utilisé beaucoup de méthodes. Aujourd’hui je crée des œuvres qui se situent entre le street et le néo pop art. Le plus souvent j’utilise d’anciennes affiches en papier, sur lesquelles je viens dessiner, lacérer, peindre, afin de m’approprier des histoires pour en faire une aventure.

 

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je pense à Jacques Mahé de la Villeglé qui est devenu une source d’inspiration, dès que j’ai vu une de ses expositions. Il est l’un des premiers graffeurs de l’après-guerre. Je fonctionne beaucoup au feeling lors du processus de création, et ne pars jamais avec une idée toute conçue en tête. L’univers des bandes dessinées, des mangas, et tout particulièrement des comics m’inspire beaucoup. Enfant, je jouais aux jeux de garçons avec mon frère plutôt qu’aux Barbie, et compagnie.

 

Quels messages faites-vous passer ?

Premièrement, je ne travaille que sur des supports recyclés. Cela rentre dans une idée de critique de la surconsommation. J’estime important de montrer que chaque objet peut avoir une seconde vie. Pour ce qui est des personnages, l’univers Marvel me parle et parle à la majorité. Au-delà du simple combat de super-héros, on retrouve la problématique de la dualité entre bien et mal, provoquée par la société. Des anti-héros comme Harley Quinn ou le Joker sont appréciés du public, on peut les comprendre.

 

C’est quoi : être artiste, aujourd’hui ?

La profession s’est diversifiée en trois grands genres. Les artistes intellectuels, souvent méconnus du public, discrets et présents sur de grosses installations. Les businessmans, ceux de la nouvelle vague qui décident en fonction des tendances, dans une démarche purement économique. Et les intermédiaires, ceux dans lesquels je pense être, qui aiment faire les choses avec le cœur et la tête, afin d’en vivre également.
Je pense qu’être artiste c’est rencontrer, échanger, et partager. Les métiers manuels sont trop dénigrés actuellement, mais la jeune génération est bien partie pour reprendre le flambeau.

 

Comment la nouvelle Maison des Arts à Fréjus peut y contribuer ?

Cette nouveauté est une très bonne nouvelle. Depuis que je suis à Fréjus je demande un lieu de ce genre. Il permet à nous, artistes, d’exposer ailleurs que dans notre atelier. Il ouvre l’art et la culture à d’autres personnes. L’objectif, plus tard, serait de faire des échanges avec d’autres villes labélisées Ville et Métiers d’art. Nous sommes 40 000 artistes professionnels en France. Il y a de quoi se développer.

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