Bah Alors ?

Conseil de veille et d’actions Covid-19 : Un manque de coopération évident entre l’État et ses élus locaux

13 janvier 2021
de Thomas Lajous

 

Alors que la vaccination débute ce mardi 12 janvier pour le personnel soignant au CHI Bonnet, le Conseil de veille et d’actions Covid-19 s’est rassemblé pour discuter de l’application des mesures gouvernementales ainsi que de l’organisation de la vaccination. Cependant, des questions restent encore sans réponses, souligne Frédéric Masquelier dans son projet de motion. Une relation dysfonctionnelle État/élus locaux qui agace fortement le Président de la CAVEM et la sénatrice Françoise Dumont, qui ont rappelé avec médecins et experts, l’urgence de la situation.

 

Si le vaccin ne sera disponible qu’à partir du 27 janvier dans les EHPAD, alors quand sera-t-il disponible dans les autres services ? C’est ce que se demande David Racheline, maire de Fréjus, soulignant « les prises de décisions consternantes de l’État ».   

Ce lundi 11 janvier se tient « le second conseil de veille et d’actions crise Covid-19 » de la CAVEM. Réunis au Palais des sports J.F Krakowski, dans sa salle VIP, la communauté d’agglomération Var Esterel Méditerrannée ( CAVEM ) et de nombreux experts et médecins, se sont longtemps exprimés sur l’application des mesures gouvernementales et sur l’organisation de la vaccination. Dans une ambiance coopérative, Frédéric Masquelier, Président de la CAVEM, prend la parole en premier. Il souligne dans ses premiers mots « certaines colères » qui l’envahissent, en pointant du doigt « le manque de coopération ». Entre l’Agence Régionale de Santé ( ARS ) et les élus locaux, ou encore, sur les mesures du nouveau couvre-feu, qui débute ce mardi 12 janvier, où « chacun peut témoigner qu’aucun élu de l’Est-Var n’a été solliciter sur les mesures ».

 

Dans la stratégie de vaccination, il se dit « dans les starting blocks ». Des lieux à disposition pour les futurs centres de vaccination en coopération avec les maires des différentes villes, en passant par la formation des secrétaires d’accueil ou le rappel de médecins retraités et leur rémunération avec l’aide des communautés professionnelles territoriales de santé ( CPTS ). Le maire de Saint-Raphaël attend de pied ferme des réponses de l’État sur « les doses, dates et méthodes », comme invoqué dans son projet de motion. Des propos basés sur la prise de parole du docteur Limouzy, directeur de l’hôpital Bonnet, qui malgré « la fatigue du personnel hospitalier », a finalisé les préparatifs dédiés à l’ouverture du centre de vaccination dans son hôpital. Les stocks de vaccins seront assurés en fonction du nombre de demandes, avec la transmission d’un listing de personnes souhaitant être vaccinées. Car oui, la conservation des vaccins est limitée. Ils doivent être administrés dans les plus brefs délais. A l’hôpital, « le centre sera ouvert entre 10 et 15h. », « 50 personnes pourront être vaccinées par jour » assure t-il. En rajoutant que « 20 à 25 % des effectifs sont intéressés par les vaccins, soit environ 460 personnes ». C’est le docteur Patrick Laborde, qui fait l’état des lieux et l’évaluation de la situation actuelle dans le monde médical à échelle nationale, régionale et communale. Une augmentation nationale de cas positif est confirmée, avec 17 000 personnes en moyenne chaque semaine. Au niveau départemental, dans le Var, cette augmentation atteint 235 cas hebdomadaires. Sur le territoire de la CAVEM, le docteur constate une hausse de la contagion depuis le 6 décembre, avec un pic remarqué le 20 décembre. 

 

L’activité en réanimation à l’hôpital Intercommunal Bonnet ( CHI ) reste trop importante, avec 200 % d’occupation. Soit huit patients en réanimation. Encore plus que pour l’Ouest Var. Le docteur Jean-Marc Maurin, président du Conseil Médical d’Établissement ( CME ), interpelle les cinq maires présents. Avec actuellement « 73 patients Covid à l’Hôpital », il souhaite « que les maires fassent un gros effort sur la vaccination. Il faut y aller fort » insiste-t-il.

 

Mais pour vacciner, encore faut-il avoir des précisions sur le déroulement de l’opération et la confiance de l’État. C’est justement ce que dénonce Françoise Dumont, sénatrice, qui dans un billet d’humeur lu devant le Conseil, réclame plus de confiance de l’État envers ses élus avec la décentralisation du pouvoir : « L’État est coupable de ne pas faire confiance à ses territoires ». 



 

IMAGE : © CAVEM - Christine Delville 

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