Bah Alors ?

Conseil de veille et d’actions Covid-19 : Une centralisation du pouvoir de l’État dénoncée par la CAVEM

14 janvier 2021
de Thomas Lajous

Si la vaccination était le sujet clé de la réunion de ce lundi 11 septembre, le manque de confiance de l’État envers ses élus locaux était aussi fortement souligné. Tout d’abord par Frédéric Masquelier, Président de la CAVEM, face aux journalistes après la réunion. Mais aussi par un billet d’humeur, lu devant toute la salle, et signé de la sénatrice Françoise Dumont.


 

Le premier semblait très remonté contre l’État qui n’accorde pas aux élus locaux, l’importance qu’il devrait : « L’État ne sort pas de sa doctrine, il s’est convaincu que ce dernier est l’incarnation de l’intérêt général et s’en assure le monopole. Nous sommes perçus comme quantité négligeable, ce qui est inadmissible car les représentants de nos concitoyens, ce sont les élus locaux. Et nous sommes élus ! » fait-il remarquer aux journalistes présents. Il regrette de ne pas être considéré et respecté en tant qu’élu par de nombreux concitoyens. « Il faut qu’il(s) fasse(nt) un petit peu confiance, qu’il(s) sorte(nt) de leur doctrine et de leur certitude pour que tout ceci puisse être mis en œuvre. Il faudrait que l’État assure » conclue-t-il. Car selon le maire de Saint-Raphaël, si beaucoup trop de questions se posent autour de la vaccination, c’est en partie à cause de ce manque de confiance. « On voit bien que tout ceci n’avance pas et pour de mauvaises raisons. On est opérationnel, vous l’avez vu avec le niveau d’échanges entre l’ensemble des professionnels libéraux, publics, et l’ensemble des élus. Le maillon faible, c’est l’État !» 

 

« Un État obèse qui ne décentralise pas »

 

Pour Françoise Dumont, la France a un mal profond avec la décentralisation : « Aujourd’hui, on fait une pseudo-décentralisation faite de partenariats, de conventions signées avec les territoires, où on donne des pseudo-autonomies et responsabilités ». Pour étayer son propos, elle prend l’exemple de l’Allemagne. « Les Allemands ont une vraie administration, ils ont des Länder. Les territoires s’organisent beaucoup plus librement, avec beaucoup plus d’autonomie. Ce qui leur permet d’être plus efficace. Résultat les Allemands ont beaucoup plus vacciné que la France ». Selon elle, la stratégie de vaccination en France serait « déjà à l’œuvre » si l’État avait décentralisé ses pouvoirs en faisant confiance à ses élus locaux. « Les territoires sont bridés par un État et ses services qui ne délèguent pas et qui ne permettent pas à ses territoires de répondre directement à la demande de vaccination ». Pas de doute pour la sénatrice, la situation actuelle reflète un retard préjudiciable de la France dans ce sujet.


IMAGE : Copyright : © CAVEM - Christine Delville

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