Bah Alors ?

« Nous, les non-essentiels »

25 janvier 2021
Fréjus
de Thomas Lajous

Mercredi 20 janvier, place Formigé, les restaurateurs, commerçants et acteurs culturels se sont réunis pour manifester. Des centaines de personnes étaient présentes et criaient leur mécontentement.

 

Tout est organisé. Du cercueil déposé sur la scène devant la mairie au tintement de la cloche de l’église à midi. De la sonorisation mise à disposition à cette occasion, où résonne « La marche funèbre » de Chopin, à l’affiche flottante au vent où l’on peut lire « S.O.S. #IciVaReposerUnNonEssentiel ». Cette ambiance funèbre a progressivement laissé place à la révolte des manifestants exprimant avec rage leur envie de survivre. 

 

David Rachline, maire de Fréjus, et des élus de la ville de Saint-Raphaël, de la CAVEM et du département se présentent sur la scène, devant des centaines de manifestants révoltés. Leur nombre conséquent étonne. Du simple restaurateur aux dizaines de gilets jaunes. Si un « Macron, démission ! » se fait entendre, c’est surtout « ouvrez, ouvrez, ouvrez ! » qu’exclame la foule à maintes reprises pour réclamer la réouverture des restaurants, bars, discothèques et tout établissement culturel jugé non-essentiel.

 

Fédérée par le désespoir, elle est bien décidée à se défendre. « On ne va pas se laisser tuer sans bouger » assurent les organisateurs de la manifestation. « Nous sommes bars, restaurants, discothèques. La vie, les rires, le partage, et nous voulons être essentiels !». Ils se présentent comme les éternels oubliés de la pandémie. Ceux qui ont accepté leur sort sans manifester, mais qui en ont « ras-le-bol » aujourd’hui. Afin de défendre au mieux leur cause, les organisateurs évoquent plusieurs arguments. « Il n’y a jamais eu aucun cluster dans une salle de spectacle », ils signifient « leur droit au travail selon la Constitution ». Ils se demandent aussi « pourquoi les restaurants d’entreprises et de la haute administration sont ouverts ? ». Un tas de questions et de demandes qu’ils transmettront au Préfet dans une prochaine lettre.

 

Pour David Rachline, cette manifestation est « un signal fort » envoyé. Sur l’hymne Français de « la Marseillaise », la cérémonie touche à sa fin. Les pancartes « S.O.S » en forme de cercueil brandies, les manifestants commencent à quitter la place Formigé.

 

IMAGE : © Thomas Lajous 

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