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Philippe Michel-Kleisbauer :
Bah Alors ?

Philippe Michel-Kleisbauer :

28 janvier 2021
de Ibrahim Berbar

« Je suis pleinement engagé sur ce que je fais avec un emploi du temps qui est 100 % dédié à ma fonction ». La moitié de la semaine à Paris, l’autre ici, Philippe Michel-Kleisbauer nous a accordé du temps pour une interview retraçant son année 2020.

 

Monsieur le Député, comment pouvez-vous résumer votre année 2020 ?

 

Plus intense que jamais. D’abord l’année qui naît dans la crise et l’obligation pour un responsable d’être encore plus au contact de tous les acteurs du monde professionnel, les chambres consulaires, etc. de manière à suivre au jour le jour les problèmes rencontrés par chacun afin que les systèmes d’aide mis en place au niveau de l’État fonctionnent comme souhaité. Et après ces premiers mois d’une cadence forte, continuer à surveiller de près à la fois le moral des troupes et regarder au loin les perspectives de sortie de crise par la relance. J’étais encore ce matin même avec une organisation professionnelle pour anticiper leur activité sur la fin d’année et le début d’année 2022. À côté de ça, le confinement à développé le télétravail et les visios et a permis, ce qui est un bien, de multiplier les réunions. Ainsi en enchaînant des journées entières de visioconférences, cela a permis en bout de chaîne de multiplier les contacts. Malheureusement cette année a été plus morbide que jamais et les incertitudes sur l’avenir pèsent sur le moral de chacun d’entre nous, ce qui n’est pas facile à vivre. Donc cela fut une année très difficile et extrêmement remplie.

 

Un mot sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République (« loi contre le séparatisme », NDLR) ?

 

Nous allons aborder ça la semaine prochaine. J’ai prévu justement un agenda qui me permette de participer de bout en bout au débat. Mon activité sur le terrain et sur la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre dont nous rendons le travail ce mercredi 27 ne m’ont pas permis de suivre les travaux de la commission spéciale sur la loi Principes Républicains. Ainsi, je participerais directement au débat en séance.

 

Mais qu’en pensez-vous de prime abord ?

 

Je pense qu’il est important d’apporter une réponse concrète à un phénomène que nous constatons tous. Les principes républicains français veulent que nous nous soumettions tous à une même loi, une même constitution. Nul prince ne peut nous contraindre, seule la loi peut le faire. C’est un principe pour le maintien duquel nous nous battons tous depuis la Révolution française. Il n’y a pas de place pour des groupes humains qui voudraient s’extraire de ce principe pour vivre leurs propres lois. Les principes républicains et démocratiques sont un acquis qui ne souffre d’aucun retour en arrière. Nul ne peut espérer prospérer dans notre pays en se disant « je laisse les lois de la République aux autres pour ne suivre que les règles de ma propre communauté ».

 

Vous êtes aussi Vice-Président de la commission d’enquête sur le maintien de l’ordre, présidé par monsieur Fauvergue, ancien patron du RAID. Crise sanitaire oblige, on ne parle plus de manifestation et de violence policière. Pourtant vous avez été porteur d’un rapport récemment. Que présente votre rapport ?

 

Il y a 35 propositions très importantes dont notamment l’interdiction du LBD (Lanceur de Balles de Défense) hormis en cas d’émeute, le développement d’une unité spécialisée pour intervenir en cas de transformation d’une manifestation en émeute ou en casse, mieux préparée, mieux formée, avec une capacité d’intervention rapide. Parmi les autres propositions, il y a la volonté pour nous de lutter contre cette sémantique qui s’est répandue de « violence policière ». Nous voulons faire cesser cette approche. Il n’y a pas de violence policière. Il y a à certains moments des violences faites par certains policiers qui seront pourchassés et condamnés, mais on ne peut pas jeter l’opprobre sur toute une profession. Lorsque l’on demande à nos troupes d’intervenir pour rétablir l’ordre, nous faisons usage de la force pour rétablir l’ordre public. Ce n’est pas de la violence. C’est faire cesser les individus qui se sont mêlés aux manifestants pour introduire cette violence. Dans les propositions, il y a aussi l’utilisation de traceurs et de marqueurs afin de mieux suivre et filer les casseurs. J’avais en 2016 exprimé sur un tweet cette hypothèse, je suis content qu’aujourd’hui nous puissions lui donner forme.

 

Quels sont vos projets pour 2021 ?

 

Exactement les mêmes qu’en 2020. Rester autant disponible pour toutes ces administrations, chambres consulaires, avec les maires et élus locaux que je continue à rencontrer de manière soutenue, pour que nous fassions réponse aux situations d’urgence et que nous puissions toujours avoir une vue ce qui vient devant nous. Je vais accentuer ma présence auprès de ces élus ou professionnels afin que le plan de relance puisse avoir des effets dans notre bassin de vie.

 

Sur la crise sanitaire, que pensez-vous de la gestion du gouvernement ?

 

Je l’ai suivi au jour le jour. D’abord au niveau du parlement où on a des réunions avec tous les ministres et tous ceux qui sont en charge de cette crise. Ensuite localement, avec le préfet et l’ARS où on gère deux fois par semaine une réunion avec les parlementaires du département et le président des maires du Var (Hubert Falco, NDLR). Nous avons affaire à une réalité que beaucoup ont mis du temps à voir arriver parce qu’elle n’était pas présente sur le terrain et dont les chiffres nationaux montraient la gravité. Un autre chiffre qui est impressionnant et qui n’a peut-être pas été assez relayé, c’est celui de l’encombrement des services funéraires qui permet de voir aussi que nous sommes arrivés à une gravité que nous n’avons pas connue depuis la canicule de 2003. Quand on voit que dans certaines villes, des camions frigorifiques ont été réquisitionnés pour ralentir le débit des morts à inhumer, où qu’à Grenoble la patinoire ait été réquisitionnée, ça permet de prendre conscience de l’ampleur du désastre. Aujourd’hui, les États-Unis ont eu plus de morts du COVID-19 que pendant la seconde guerre mondiale sur le sol européen. Il a fallu donc que le gouvernement affronte cette crise avec des ressources humaines pas habituées à la gestion d’une telle crise. D’où les démarrages parfois laborieux, mais des systèmes qui ont été mis en place très rapidement et qui ont fonctionné. Les mécanismes d’aide et de solidarité d’aide et de chômage partiel ont été extrêmement efficaces. Les réponses que l’on peut apporter, jusque dans des détails de professions qui étaient oubliés en début de crise, nous permettent de couvrir quasiment tout le champ d’activité.

 

Donc, la gestion est bonne ?

 

Oui, la gestion est bonne. Il ne faut pas s’arrêter sur des gens qui aiment critiquer pour critiquer et qui vont sans hésitation prendre une position différente du jour au lendemain. La situation n’est pas facile et elle nécessite de prendre des mesures souvent difficiles comme celle du confinement. Mais il fallait le faire. On voit que, parmi l’ensemble des pays du monde qui est touché, la France s’en sort bien, gère bien l’affaire sur la solidarité qui s’est exprimée. Tous les pays envient nos mécanismes et sur les quelques critiques qui ont pu apparaître récemment sur le vaccin, et ceux qui se plaignent que cela ne va pas assez vite, je les invite à comprendre que 14 milliards de doses, puisque nous sommes sept milliards sur Terre et que tout le monde doit être vacciné, ne peuvent pas être créées en cinq minutes. Cette question nécessite de la résilience et le respect des gestes barrières jusqu’à ce que nous puissions être tous vaccinés. Personne n’a la baguette magique pour faire arriver 60 millions de doses multipliées par deux. Et si nous étions en capacité de le faire, cela voudrait dire que nous serions égoïstes au point de dire « nous devons être vaccinés en priorité, et tant pis pour les autres ».

 

Je suis solidaire du chef de l’État et du gouvernement dans la gestion de cette crise et je n’ai de cesse de le répéter tout du long. Je me suis même prononcé pour la vaccination obligatoire, j’ai assumé les mesures impopulaires qui ont été prises et je les assumerai jusqu’au bout avec ce gouvernement que je soutiens.

 

 

 

Doit-on se faire vacciner selon vous ?

 

Se faire vacciner est une obligation. Quand on vaccine un enfant de moins de deux ans, personne ne parle de liberticide. Quand je suis arrivé à l’armée, comme tous les autres, le premier jour nous nous faisions vacciner. La réalité c’est qu’il y avait des risques, mais nous les avons tous assumés, malheureusement pour certains. Mais j’ai mon carnet de vaccination qui est à jour, avec l’hépatite B, la fièvre jaune et tous les autres vaccins qui me permettent de circuler dans un certain nombre de pays dans lesquels je ne pourrais pas rentrer sans. Évidemment, ceux qui ont une contre-indication médicale vont pouvoir la produire au médecin qui décidera de ne pas procéder à la vaccination, mais les autres doivent le faire. Ceux qui parlent des risques, si risque il y a, doivent se souvenir que pendant la Deuxième Guerre mondiale, ceux qui se sont engagés dans la résistance courraient des risques, et ils l’ont fait. Que ceux qui étaient, pendant la Première Guerre mondiale, envoyés au front savaient qu’ils partaient avec peu d’espoir de revenir. Et pourtant, ils l’ont fait pour lutter contre un ennemi. Aujourd’hui, nous avons un ennemi bactériologique, nous devons lutter contre, nous devons nous faire vacciner. Pour moi, il n’y a pas de discussion. Ceux qui aujourd’hui font montre de lâcheté - non pas les gens qui ont des antécédents médicaux, mais bien ceux qui se réfugient derrière des petits arguments par pure lâcheté - de se souvenir où cette attitude a pu conduire lors de nos guerres et notamment de la Seconde Guerre mondiale. Cette crise est incomparable.

 

Êtes-vous favorable à l’idée d’un passeport vaccinal ?

 

Il est obligé, il va s’imposer. De toute manière, si nous ne le voulons pas, il nous sera imposé par l’extérieur. Mais cette question ne pourra être abordée que le jour où nous aurons vacciné tout le monde. J’ai déjà un livret jaune, comme tous ceux qui font des déplacements. Tous nos militaires avant d’être envoyés dans certains pays tropicaux reçoivent de nombreuses vaccinations.

 

Mais actuellement le débat parle d’un passeport pour pouvoir aller dans un bar par exemple.

 

Oui, mais malheureusement le livret va se généraliser. Malheureusement, sauf à ce que toute la population se soit fait vaccinée.

 

Quel est votre avis sur la fermeture des bars, des restaurants et des établissements culturels ?

 

Je comprends l’argument selon lequel certains établissements pouvant recevoir du public pourraient être adaptés à la poursuite de leurs activités. Par exemple, en tiers de jauge, le théâtre intercommunal du Forum pourrait recevoir du public. Il y a aussi des restaurants dans la même situation. Toutefois, ce n’est pas la majorité des cas des établissements, et nous savons que de rester longtemps enfermé dans un lieu clos avec un certain nombre d’autres personnes, accroît le risque de propagation du virus. Certains commerces ne veulent pas et n’ont pas voulu l’entendre. Certains élus ont même incité des commerçants à ouvrir et nous avons très vite vu que les gens ont été contaminés et contaminants. Aujourd’hui, la chose la plus importante pour nous et de faire en sorte que ceux qui peuvent reprendre, le jour où nous sortirons de cette crise, soient là pour le faire en pleine capacité physique et de santé. Qu’ils soient prêts à relancer la mécanique. Nous souhaitons éviter d’avoir des commerçants qui vont travailler deux ou trois semaines avant d’être atteints, des fois même mortellement. Je comprends que des décisions qui peuvent parfois sembler injustes quand on regarde au cas par cas, sont dans leur globalité compréhensibles. Je le répète, on ne voit pas toujours les effets, parce que ce n’est pas une bombe qui tombe sur l’immeuble d’à côté. Mais quand on nous dit chaque jour que 20 000 personnes sont contaminées, ce sont deux villes comme Puget et Roquebrune que nous marquons d’une croix sur la carte de France. Quand on voit les pays qui ont laissé une liberté d’exercice de ce type de commerce, aujourd’hui ils en reviennent parce qu’ils se rendent compte que leur taux de mortalité explose. Avec les nouveaux variants qui apparaissent et qui offrent une fulgurance du virus, je comprends la décision prise par les autorités de maintenir ces activités fermées. Précisément chez nous, ou janvier n’a jamais été le meilleur mois pour les restaurateurs. Il vaut mieux que tous puissent se préparer à rouvrir dès les beaux jours du printemps et en pleine santé, plutôt que de se risquer aujourd’hui. C’est pénible pour tout le monde, parce que nous avons besoin de ce rapport social, de boire un verre, de rencontrer du monde, etc., mais il faut encore être résilient et tous se dire qu’il faut que nous puissions mettre cette maladie derrière nous, pour reprendre une vie ouverte.

 

Suite aux propos de la sénatrice, pensez-vous aussi que cette crise sanitaire reflète un problème de centralisation des pouvoirs ?

 

Je ne suis pas d’accord pour dire que laisser à chacun sur le terrain le pouvoir de décider améliorerait les choses. Nous arriverions à des décisions contradictoires avec un territoire qui ouvre les commerces et l’autre non, et donc une propagation qui serait mortelle. Parce que la réalité c’est le chiffre, c’est la maladie qui tue. Le problème n’est pas un phénomène centralisé de commandement, mais le détachement de certains de ceux qui prennent les décisions par rapport à cette base. C’est pour ça que je suis pour qu’un certain nombre de décisions ne puissent être prises sans la concertation avec les élus qui eux représentent les territoires. On ne peut pas laisser décider des gens seuls avec cette distance par rapport aux territoires. Mais que le pouvoir de décision soit centralisé pour que ce soit le même partout et cohérent, je suis pour. On ne pourra pas s’en sortir si on laisse faire à chacun sa petite affaire, sinon la France deviendra comme le Liban : un pays de communautés où chacun tire la couverture vers soi et se répartit les choses d’une manière catastrophique. Il faut une colonne vertébrale, il faut qu’une décision soit verticale pour s’imposer. Au moment de la prise de décision, il faut qu’il y ait des gens du terrain qui y soient associés. D’où le fait que les deux chambres du parlement, Assemblée nationale et Sénat, soient associées. C'est ce que nous nous employons à faire dans l’ombre, dans un combat dur avec le gouvernement et les hauts fonctionnaires. Nous nous battons contre les décisions qui parfois sont presque prises et que nous arrivons à arrêter de justesse. C’est une lutte d’influence, une lutte de pouvoir, mais de faire croire que le terrain peut répondre à tout et que les maires sont les mieux placés pour dire qu’ils peuvent ou non ouvrir les restaurants, ça aboutirait à une catastrophe.

 

Quels sont vos rapports avec les élus locaux ?

 

Très bons et très réguliers. Encore la semaine dernière, avec certains d’entre eux, au téléphone ou en visio, nous nous sommes rencontrés. Nous avançons en suivant cette situation. Nous essayons aussi de régler d’autres problèmes qui étaient là avant la crise et dont certains ont hérité, car nous avons de nouveaux élus, comme Jean Cayron à Roquebrune qui doit, en même temps que cette crise, revenir sur une gestion passée pas facile pour lui.

 

Avez-vous un ou deux exemples de projets réalisés par nos communes et que vous avez pu appuyer par votre rôle de député ?

 

Le plus gros appui en 2020 a été sur les autorités préfectorales pour l’accélération d’un certain nombre de dossiers ou, au contraire, que la crise ne vienne pas obérer plus longtemps les dossiers. Je relaye notamment les demandes de nos communes pour la lutte contre les inondations. Suite à 2010, nous avons créé un PAPI (Programme d’Action de Prévention des Inondations, NDLR) qui a développé des dizaines de millions d’euros de budget, que de nombreuses études ont été réalisées avec de vrais dossiers qui sont toujours à l’état de dossiers et qui sont restés encalminés. Lorsque la ministre Elisabeth Borne est descendue, nous avons fait une réunion à Roquebrune, où nous lui avons exposé qu’aujourd’hui les blocages étaient purement administratifs. Nous voilà dix ans après les inondations, avec un budget colossal délivré par le PAPI, une loi que nous avons votée pour permettre d’encaisser des taxes, notamment la taxe GEMAPI, mais des travaux qui ne se font toujours pas, car bloqués d’un point de vue administratif. C’est là où le plus gros combat se livre. Au lieu de vous parler de réalisation ou de ce qu’on a fait qui pourrait être bien, je préfère me focaliser sur ce dossier-là qui est plus un dossier bloquant, encore un échec aujourd’hui, sur lequel je ne cesse de monter au créneau chaque fois que je vois le préfet. Après, grâce à mes prérogatives de rapporteur du budget des anciens combattants, j’ai inscrit plusieurs millions d’euros à la réfaction du Mémorial des Guerres en Indochine qui a subi des dégradations au fil du temps et le fait que l’ossuaire du Pin de la Lègue soit inscrit dans le patrimoine national et pris en charge par l’État.

 

Et quels sont vos rapports avec les groupes « En Marche » locaux ?

 

Vous le savez, je suis un ami et allié d’« En Marche ! ». Mais j’appartiens au MoDem, donc je ne m’immisce pas dans leur fonctionnement. Je me maintiens à leur disposition s’ils le veulent, pour répondre à leurs questions. J’ai, par exemple, ce soir, une visio avec le groupe de Saint-Raphaël présidé par Olivier Spinnhirny, qui voulait discuter avec son député parce que je suis à leur disposition. Je fais des réunions mensuelles avec les militants du MoDem, tous les mercredis je suis en réunion avec le bureau départemental et le bureau régional. Je réponds aux sollicitations de LaREM lorsque j’en ai. Je travaille très bien avec les députés et le réseau départemental d’« En Marche ! ». Après, s’ils ne me sollicitent pas, je ne vais pas les forcer à le faire.

 

Le MoDem et la REM semblent être au bord de la rupture suite au renoncement du gouvernement au projet de la proportionnelle. Qu’en pensez-vous ?

 

Il n’y a pas de rupture. Que nous ne soyons pas d’accord sur des dossiers c’est normal. Et qu’on se fasse un match régulièrement pour essayer de faire passer des idées c’est tous les jours et sur tous les dossiers. Il n’y a pas de rupture du tout. Nous avons donné notre parole. Nous avons une alliance avec le président de la République et nous irons au bout de cette alliance. Nous serons derrière le président Macron s’il décide d’être candidat, pour le soutenir aux Présidentielles. Pareil, sur les discussions qui ont lieu au sujet des Régionales et des Cantonales, nous les traitons avec mon homologue Valérie Gomez-Bassac pour décider des candidats. Il n’y a aucune distension entre le MoDem et la REM. Je siège au bureau politique du MoDem et régulièrement je siège avec le bureau politique de la REM. Nous faisons des réunions communes. Donc pour le moment il n’y a pas de raison, tout va bien. Concernant les proportionnelles, c’est un match que nous avons introduit depuis le début, mais nous sommes bien obligés à certains moments de forcer un peu. Nous sommes un petit parti dans un grand parti, mais il n’y a aucun risque de cassure.

 

Et quel est votre avis sur la proportionnelle ?

 

Une dose oui, proportionnelle intégrale je ne suis pas fan. Un candidat comme moi n’aurait jamais pu voir le jour avec un système de proportionnelle intégrale. Je suis quelqu’un qui s’est battu seul sur le terrain sans étiquette, sans parti politique et qui me suis fait un nom après plusieurs tentatives. Seul le suffrage uninominal à deux tours permet cela. Le suffrage de liste, c’est le suffrage des partis. Et que les partis et la constitution concourent à l’exercice de la République c’est une chose, mais que ce soit exclusif je ne le pense pas. Donc l’idée première que nous avions était d’avoir un système de proportionnelle qui permette à tous les partis d’être mieux représentés. Je prends l’exemple du Rassemblement National : le nombre de députés qu’ils ont à l’Assemblée est sans rapport aux voix qu’ils font lors d'un scrutin national. Ce n’est pas mon parti, vous le savez, mais j’estime que ce serait normal qu’ils aient un vrai groupe politique, d’où l’introduction d’une dose de proportionnelle.

 

Mais estimez-vous, comme Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, que c’est un risque de « faire rentrer 100 députés RN au Parlement » ?

 

Je suis un démocrate et je préfère que tout le monde se batte dans le Parlement plutôt qu’à l’extérieur. Donc peu importe le nombre de députés qu’une proportionnelle ferait « rentrer ». Aujourd’hui il y a un pluralisme politique que nous n’avions jamais eu auparavant, il n’y a jamais eu autant de groupes politiques. La question est de savoir si ces groupes sont vraiment représentatifs de leurs résultats sur une élection présidentielle. Je me bats pour la démocratie et pour les principes démocratiques et républicains, et je veux que ces principes soient applicables dans tous les cas, même si cela ne m’arrange pas. Et notre système aujourd’hui ne le permet pas complètement. D’où l’idée d’une dose de proportionnelle. Dans des départements comme le nôtre où il y a huit députés, passer à six députés élus au suffrage universel direct et deux qui soient issus des proportionnelles serait bien sans que cela nenuise au reste du pays.

 

Même s’il est peut-être encore tôt, pensez-vous vous présenter aux prochaines élections législatives ?

 

Le plus urgent aujourd’hui est d’affronter cette crise. On ne sait pas ce qui va advenir, en espérant que tout le monde soit là dans deux ans et qu’on puisse reprendre un rythme normal. Mais la probabilité est que je sois candidat. Ce n’est pas un mystère. Je fais un mandat où je travaille beaucoup, où j’apprends beaucoup. Il y a cet adage en politique qui dit « on fait un premier mandat pour apprendre et un second mandat pour appliquer ce qu’on a appris ». Quand je vois aujourd’hui ce que j’arrive à faire que je n’arrivais pas en début de mandat grâce au poids que me donne le travail que je fais et la crédibilité que cela me procure, je me rends compte que chaque année je fais mieux. Il est donc évident que probablement, la volonté et l’envie seront là.

 

Qu’avez-vous à dire à ceux, sur les réseaux sociaux notamment, qui vous appellent « député fantôme » ?

 

Je suis pleinement engagé sur ce que je fais avec un emploi du temps qui est 100 % dédié à ma fonction. La moitié de la semaine à Paris, l’autre ici avec un transport en train qui est très long, mais qui me donne le temps de lire. Et beaucoup de présence. Mais mon travail, je le fais en silence, patiemment, en faisant un travail de fond. Dans ce que je fais, j’arrive à donner une autre image du député que celle de l’Ancien Monde politique. Je suis à l’attaque, accessible et disponible. Lors de ma visite à l’école de la Bouverie, le directeur m’a confié qu’étant habitué à recevoir des élus politiques, ma présence a été différente de ses précédentes expériences. Je suis heureux quand j’entends ce genre de retour, car j’y consacre beaucoup de temps. J’essaie de garder beaucoup de recul sur les événements pour avoir une vision globale. 

 

Ceux qui disaient cela, je ne les vois pas sur le terrain, sur les marchés le week-end, je ne les vois pas dans les communes ou les écoles où je passe, je ne les vois pas non plus dans les réunions de crise auprès des professionnels. Alors quand vous en verrez un, demandez-lui où était-il et que faisait-il tout ce temps-là.

@crédit photo : Assemblée Nationale 2020 - Philippe Michel Kleisbauer


 

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