Bah Alors ?

Darmanin souhaite dissoudre l’association « Génération Identitaire »

01 février 2021
de Thomas Lajous

Le ministre de l’Intérieur a annoncé ce mardi 26 janvier vouloir dissoudre « Génération Identitaire ». Plus tard dans la journée, une enquête a été ouverte à l’encontre du groupuscule.

 

Ce matin, Gérald Darmanin s’est dit « scandalisé » par les opérations anti-migrants menées par l’association. « J’ai donc demandé aux services du ministère de l’Intérieur de réunir les éléments qui permettraient au ministre de l’Intérieur de proposer la dissolution de Génération Identitaire, le ministère y travaille ». C’est la première fois que le ministre souhaite dissoudre un groupuscule d’extrême droite. Emmanuel Macron, lui, l’avait déjà fait en 2019. Concernant « Génération Identitaire », Manuel Valls avait déjà étudié sa dissolution en 2012, sans en aller au bout. Aujourd’hui, la dissolution de l’association est réclamée par beaucoup d’associations et de partis politiques. Par exemple, quelques élus d’Occitanie et la présidente socialiste de cette région avaient demandé la suppression du groupe après leur action anti-migrants dans les Pyrénées. 

 

Mais cette fois-ci, pas sûr que cela soit aussi facile. En réaction aux propos du ministre de l’Intérieur, Clément Gandelin, président de l’association, prévient : « il y a beaucoup d’études qui ont été lancées pour nous dissoudre mais on n’a rien à nous reprocher, la justice approuve toutes nos actions ». En décembre, l’association et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d’appel de Grenoble sur des actions menées à la frontière franco-italienne en 2018.

 

Une enquête ouverte

 

Ce mardi, une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République de Saint-Gaudens pour provocation à la haine à l’encontre de « Génération Identitaire ». Suite à une opération dans les Pyrénées où « des propos tenus sur cette banderole étaient très clairement anti-immigration, et surtout la raison pour laquelle cette banderole a été déployée » a-t-il précisé. Ce n’est pas la première fois que le groupuscule se fait remarquer. Une polémique avait déjà éclaté lorsqu’il avait mené une action ciblée sur la députée Sira Sylla. Ou lors de la marche pour Adama Traoré, où le groupe avait affiché une banderole dénonçant le racisme anti-blanc en haut d’un toit : « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc #WhiteLivesMatter ».

 

Habillés d’une casquette et de vêtements bleus, où l’on peut lire « Defend Europe », défendre l’Europe, les 2000 adhérents multiplient leurs actions en traversant la France en pick-up à leur effigie depuis 2012, date de leur création. Avec deux combats principaux : l’islam et l’immigration. Ils souhaitent défendre une identité ethnique et culturelle Européenne « menacée par le métissage ». Leur slogan : « les nôtres avant les autres. De Moscou à Dublin, l’Europe aux Européens ».

Sur les réseaux sociaux, la dissolution de « Génération Identitaire »  est au cœur de la polémique depuis plusieurs jours. Les avis divergent.

 

IMAGE : © Martin Bureau / AFP

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