Bah Alors ?

Enquête : Le football français dans une crise absolue !

01 février 2021
de Nicolas Le Sanne

La covid-19 a eu un impact terrible pour l’économie en France et partout dans le monde. En sport et plus précisément dans le football français, les événements ont été reportés, voir même annulés pour des raisons évidentes de sécurité. Les conséquences sont désastreuses, de nombreux clubs sportifs font faillite, leurs revenus sont au plus bas, notamment suite à l’affaire Mediapro. Quelles seront les conséquences de cette crise ?

 

Les clubs de sport ont absolument besoin des revenus de leur billetterie. En 2020, depuis le mois de mars, le public n’a plus accès aux stades. Les répercussions sont terribles, surtout dans les petits clubs de football, notamment en Ligue 1. En effet, ces clubs dépendent à environ 40% des recettes de billetterie et commerces environnants pendant les événements sportifs. La ligue ne fait que respecter la loi, le décret numéro 2020-663 du 31 mai 2020 qui a été ensuite abrogé et remplacé par le décret numéro 2020-660 et qui disait clairement que : “Aucun événement de plus de 5000 personnes ne peut se dérouler sur le territoire français” celui-ci a donc été remplacé par une interdiction de déplacement de supporter. 

 

En plus de cela, Mediapro avec leurs droits TV vient enfoncer le clou. Le 11 décembre 2020, on a appris que Mediapro ne paiera pas ce qu’ils doivent à la ligue et donc aux clubs. Le manque à gagner est énorme puisque depuis août les clubs de Ligue 1 ne perçoivent plus rien en droit TV alors que c’est cela qui devait les sauver de cette année déjà catastrophique. Les amateurs ont aussi été touchés durement, ils sont interdits d’exercer depuis mars, ils ont repris pour une période mineure entre juillet et septembre, mais de ce côté-là aussi, la faillite les guette. 

 

Le dindon de la farce ?

 

Le sport professionnel a pu reprendre ses activités en France à partir de juillet. La perte due au premier confinement est énorme puisqu'elle monte jusqu’à 1,27 milliard d’euros (Capital). Les plus petits clubs arrivent en faillite mais même des clubs comme l’Olympique de Marseille arrivent au bout de leurs réserves. Des clubs européens comme le FC Barcelone ont carrément décidé de ne plus payer leurs joueurs tellement ils étaient endettés (L'Équipe). En France, il a donc fallu s’adapter. En juillet, très optimistes, les Français étaient les premiers à accorder à 5000 supporters (décret 2020-663) de revenir dans les stades. C’est peu, mais une première étape vers un retour à la normale. Mais la deuxième vague à fait des ravages. La LFP a fait sens inverse et le public n’était plus autorisé (décret 2020-660). Les pertes en cette fin d’année 2020 sont estimées à environ 192 millions d’euros. L’Etat a décidé d’aider le milieu sportif en débloquant une enveloppe de 224 millions d’euros (L'Équipe). Ainsi,  des pertes pourraient être compensées, mais la faillite ne s’arrêtera pas d’aussi tôt pour les grands clubs. Les petits clubs continueront de souffrir pendant des années vu qu’ils sont les premiers impactés par les mesures de restrictions.

 

En ce début d’année, les nouvelles ne sont pas bonnes. Concernant tout d’abord les droits TV, la guerre annoncée pour récupérer les droits de Mediapro n’a pas eu lieu, encore une mauvaise nouvelle pour la ligue et les équipes. Aucune offre n’a été faite, on attendait avec impatience la réponse de Canal + mais ils ont l’air d’attendre que l’offre baisse encore. Pire, Bein Sport qui détenait deux matchs de ligue 1 par journée a décidé de ne pas prolonger leur contrat. Mais alors la question qui peut se poser, qui veut de la ligue 1 ? TF1, M6 et France Télévisions se sont tous proposés pour sa diffusion le temps qu’une offre soit signée mais la ligue n’a pas l’air de réagir. Ces derniers jours, une rumeur se propage concernant Mediapro qui pourrait faire une offre, cette fois-ci divisée par deux par rapport à la première, c'est-à-dire à hauteur de 500 millions d’euros. 

 

Dans tous les cas, il faudra faire vite car les clubs s’endettent de plus en plus et la crise sanitaire ne s’arrange pas, au contraire. Les clubs ont besoin de finances et le chantier numéro un sera soit des droits TV convenables, soit une décision forte de la ligue comme une baisse de 30% des salaires des joueurs et des entraîneurs, évoquée ces derniers jours par le Président du Stade de Reims et Président du collège de Ligue 1 Jean-Pierre Caillot. 

 

Crédit photo : © Franck Fife, AFP

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