Bah Alors ?

Les acteurs du tourisme varois à l’attaque

04 mars 2021
de Nicolas Le Sanne

En pleine période de vacances scolaires, les touristes devraient être nombreux. Mais ce n’est malheureusement pas le cas en raison de la crise sanitaire. Hormis l’été dernier, le secteur du tourisme a particulièrement souffert de la situation due au coronavirus. Entre les restaurants, les musées ou encore les cinémas fermés, les acteurs du tourisme ne tiennent plus. Dans le Var, on commence à demander des comptes.

 

Plus de cinq mois d'affilée où les principaux secteurs du tourisme sont fermés : lieux culturels comme les musées, cinémas ou encore les lieux de divertissements : bars, restaurants, concerts, parc zoologique… Tous ces jours sans exercer leur métier commencent à peser aux acteurs de ce domaine déjà durement touché depuis maintenant plus d’un an. Cela rend la tâche encore plus compliquée quand nous habitons un département vivant principalement du tourisme comme le Var. Cette semaine, le président du Var Tourisme Guillaume Decard et Président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie Jean Pierre Ghiribelli ont adressé une lettre ouverte au gouvernement pour que les choses évoluent et pour exprimer leur mal-être…

 

Un appel à l’aide 

 

La lettre commence par un chiffre alarmant : “Donner un coup d’arrêt au tourisme, c’est fragiliser la vie de 10% des varois !”. Pas de perte de temps, le président du tourisme va à l’essentiel, cela ne peut plus durer, le gouvernement doit ouvrir les yeux ! Et quoi de mieux que des chiffres pour se rendre compte de la situation dramatique dans laquelle se trouve le tourisme du département : “La France est la première destination touristique au monde. Elle accueille en moyenne 90 millions de touristes par an, qui injectent plus de 200 milliards d’euros dans notre PIB et assurent 2,8 millions d’emplois directs et indirects (...) le département du Var est la première destination touristique de France derrière la ville de Paris avec 8,6 millions de visiteurs par an. Le secteur du tourisme se positionne chez nous devant le secteur industriel et celui des BTP. Plus de 10% des actifs varois vivent ainsi du tourisme sur l'année, sans aucune autre source de revenus”.  Il est important de rappeler, qu’un département comme le Var est dépendant du tourisme, sans cela les revenus économiques sont au plus bas, cela ne peut durer plus de six mois sans des conséquences dramatiques. 

 

Par la suite, Guillaume Decard souhaite rappeler au gouvernement les souffrances pour tous du passé, il y a un an lors du premier confinement : “Le passage de la première lame a déjà vidé leur trésorerie qui est structurellement au niveau le plus juste” avant de souligner qu’il serait impossible de survivre à de potentiels et inévitables mesures plus drastiques dans les jours à venir : “Mais la deuxième lame des dispositions gouvernementales risque de le sacrifier définitivement sur l’autel de l’état d’urgence sanitaire. Ni drastique, ni laxiste, la stratégie du «en même temps» prouve ici ses limites. Et l’effet, le yo-yo des fermetures/réouvertures et interdictions partielles ou complètes qui en résulte déstabilise profondément la gestion des établissements au quotidien. Sans compter l’absence totale de visibilité qui leur interdit ainsi toute perspective pour se projeter vers un redémarrage”. 

 

Enfin, il évoque un constat qui risque d’arriver si ces mesures continuent de se durcir : “ce sont autant de boutiques, restaurants, magasins, parcs, hôtels, casinos, auberges, lieux culturels et monuments à visiter qui se retrouvent fermés et exposés à la faillite pour les plus fragiles d’entre eux. Et derrière eux des dizaines de milliers de personnes qui ont perdu leur emploi ou leurs activités intermittentes et vivent depuis presque un an entre assurance-chômage, aides en tous genres et espérances déçues. Sans parler des entrepreneurs qui ont tout perdu. Or, au-delà des drames humains et sociaux qui se nouent, tous sont des commerces essentiels au maintien de notre économie”. 

 

Des propositions de la dernière chance 

 

Pour limiter ces pertes économiques, le président du tourisme varois et celui des hôtels proposent cinq solutions à mettre en place rapidement : 

 

- Pour sauver l’économie touristique et le cortège de destins humains qui l’animent, il faut impérativement changer de paradigme. L’État infantilise aujourd’hui les exploitants en les considérant comme irresponsables et en interdisant a priori les ouvertures, partiellement ou totalement. Or ceux-ci ne demandent qu’à travailler en respectant strictement les protocoles sanitaires. Les considérer comme des adultes responsables reviendrait à leur faire confiance a priori en les laissant ouvrir leurs établissements. Mais à multiplier les contrôles a posteriori et sanctionner très durement par une fermeture administrative ceux qui n’auraient pas respecté ​ leurs engagements.

- Le Gouvernement et ses représentants les préfets doivent davantage dialoguer avec les acteurs du tourisme et les élus locaux qui les défendent 

- La réouverture progressive des lieux qui peuvent respecter les protocoles sanitaires en vigueur doit être actée 

- Le réexamen des ordres de fermeture, notamment en ce qui concerne les structures liées au tourisme, doit être engagé 

- Les sites naturels et touristiques doivent être sanctuarisés, leurs potentiels pleinement reconnus et leurs accessibilités garanties ; le secteur du tourisme doit pouvoir compter sur le plan de relance national et se réorienter vers une activité de proximité.

 

Des propositions qui ont l’espèrent pourront être mises en place rapidement même si les derniers chiffres de l’épidémie ne sont pas bons dans le département. Le var pourrait en effet comme la région niçoise être mise en confinement le week-end et voir ces locaux de plus de 5000 m² fermer. Guillaume Decard et Jean-Pierre GHIRIBELLI appellent à l’unité entre tous les acteurs du tourisme mais aussi les élus locaux. 

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