Bah Alors ?

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Axé actu locale, culture et conso, il est  imprimé tous les mois. Dans ses pages, nous allons
à la rencontre de personnalités qui font vivre la communauté d’agglomération dans des interviews

fleuves qui vous étonneront à chaque fois. Aussi, des chroniques musicales, des critiques cinéma,
ou encore des tests consommateurs vous attendent dans ce mensuel pour la modique somme de 0€.

Bah Alors n°24 - septembre 2019
Affaire de famille
septembre 2019
Gratuit

LE MOT D'IBRAHIM BERBAR

 

C’est la rentrée, mon fils entre en moyenne section, dans trois mois c’est Noël et demain il va passer son Bac. Comme le temps passe vite. Un jour, nos héritiers débarquent dans nos vies, le lendemain ils sont à l’école, et la semaine suivante ce sont leurs héritiers qui débarquent dans nos vies. 

 

Quand on devient parent, on commence à se poser des questions bizarres : Comment je vais l’élever ? Quels moyens j’ai à disposition ? Est-ce que vraiment je serais toujours là pour lui / elle ? Qu’est-ce que je vais laisser derrière moi ?

 

Bon alors pour les premières questions, élever un enfant c’est comme un vrai bon concert de jazz : au départ on connaît le rythme, tout est carré la première minute après on assiste à une longue et prodigieuse improvisation. Au début, on sait comment ça marche, la preuve on a trouvé le chou, la rose ou on a su donner la bonne adresse à la cigogne où mettre la graine dans le ventre qu’il fallait. Bref, on a ouvert le chemin à notre descendance. Ensuite les couches, les biberons, les nuits, les dents et tout le reste on improvise. Et l’improvisation durera le temps que l’enfant prenne son envol, soit 26.1 ans, l’âge moyen d’un Européen qui quitte la maison familiale. Ouais je sais, la dernière phrase est le meilleur contraceptif de la planète mais vous pouvez admettre qu’elle répond à la question “Est-ce que vraiment je serai toujours là pour lui/elle ?”. Oui vous serez toujours là, parce que c’est un devoir au vu de la planète qu’on lui laisse en héritage.

 

En parlant d’héritage, reste la dernière question : “Qu’est-ce que je vais laisser derrière moi ?”. Cette question pour beaucoup de parents a plusieurs sens. Le plus objectif serait de répondre “un être humain”. Parce que oui, votre progéniture, je vous le souhaite, vous enterrera. Mais cette question amène à la grande question : “Qu’est-ce que je LUI laisse ?”. Une éducation, des valeurs, des souvenirs, de l’amour : tout ça et encore plus. D’un point de vue administratif vous laisserez aussi vos impayés, vos factures en cours et tout un tas d’horribles tâches à terminer à votre place. Mais restons sur les bonnes choses. Celle qui font de vous une meilleure personne. Celle qui font que le jour où votre enfant naît, après une vague d’émotion étrange et la mise à jour des personnes que vous aimerez toute votre vie sans condition, vous changez vos objectifs de vie. 

 

Maintenant tout votre vie vous vous demanderez si ce que vous faites aura un impact positif pour votre héritier. Vous rêvez avec lui de son destin de pompier, de médecin, d’astronaute en espérant secrètement qu’il y arrivera. Vous allez penser aux études qu’il fera, à la personne qui partagera sa vie et vous vous rêvez grand-parent (1 ou 2) profitant du temps qu’il vous reste pour partager encore et encore avec l’héritage que vous laisserez sur cette planète. Surtout, vous essaierez de faire du mieux que vous pouvez pour qu’il soit encore meilleur que vous. 

 

Dans ce numéro on vous propose de rencontrer des parents qui ont laissé une marque sur notre territoire et leurs enfants qui ont récupéré leurs héritages en le portant souvent encore plus haut que les objectifs de leurs aïeux. 

 

Le papa d’Isaac (qui écrira peut être un jour à ma place des éditos trop longs)