Bah Alors ?

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Bah Alors n°29 - février 2020
Municipales #4
février 2020
Gratuit

LE MOT D'IBRAHIM BERBAR

 

En une décennie, il n’y a jamais eu autant d’évolution chez les mange-lamberts. Selon l’INSEE, ils étaient 7115 à vivre à Puget. Dix ans plus tard, le poumon économique de notre communauté d’agglomération comptait 8218 habitants. Avec les ventes de terrains et les constructions diverses de ces trois dernières années, on peut se poser la question : est-ce que Puget-sur-Argens est encore un village ? Le maire sortant et candidat à sa propre réélection, Paul Boudoube, annonce une population avoisinant les 9000 habitants. Ses opposants quant à eux, estiment que le seuil des 10000 a été franchi. Quoi qu’il en soit, après avoir accueilli une zone commerciale plus que conséquente dont on peut se demander jusqu’où ira son étalement, Puget-sur-Argens a développé, et très vite, sa population.

8000, 9000 ou 10000, peu importe en fin de compte. Ce qui compte c’est le bien-être et le confort des nouveaux arrivants comme des purs produits Pugétois. Qu’en est-il ici des voiries, des infrastructures, de la police, des transports, du pluvial ? Les nouveaux arrivants apprécient ces logements neufs, mais est-ce qu’il ne voit pas Puget tout simplement comme une cité dortoir, entre la sortie d’autoroute et une enfilade de grandes enseignes ? Lorsque l’on voit l’activité dans le centre-ville, on peut se poser la question.

Les enjeux de ces Municipales pour la commune sont de taille. Le futur maire n’est pas loin d’avoir à accomplir les 12 travaux d’Hercule : maîtriser et accueillir les nouvelles populations, endiguer les problèmes de circulation sur la Nationale 7, anticiper et prévenir des risques majeurs dont la ville est victime à l’instar de Roquebrune presque chaque année, trouver une solution pour le trou qui défigure le village, gérer les logements et les logements sociaux, animer le village et amener plus d’attractivité, maîtriser et rénover les voiries, le pluvial et les eaux usées, accueillir les nouveaux arrivants et répondre à leurs attentes, rassurer les anciens habitants quant à cette croissance folle, surveiller la zone commerciale qui grossit à vue d’oeil. Le tout avec les “petites” recettes d’un village.

Paul Boudoube avait annoncé ne pas se représenter en 2020, concédant sa place à Jean-François Moissin. Finalement, il n’en est rien : le maire sortant se représente, avec une liste pas loin d’être totalement renouvelée, faisant face à une liste menée par Stéphane Morféa, agriculteur bien connu de la plaine de l’Argens, où d’anciens colistiers comptent bien lui barrer le chemin.

En face, le Rassemblement National qui avait déjà fait un beau score lors des dernières municipales et qui a vu l’intérêt des habitants grandir pour leur parti se prépare. Cette année, il faut compter sur Frank Giletti : une personne sur qui le Rassemblement National s’appuie depuis des années, aujourd’hui employé à la ville de Fréjus.

Pendant ce temps, Williams Aureille, ancien adjoint à la ville de Fréjus, n’est plus RN et compte bien mener campagne sans alliance quelconque.

En attendant la future déclaration d’Alain Barkate, enterrant définitivement une nouvelle réunion de la Gauche et de la Droite sous Paul Boudoube, il y a déjà quatre listes dans les starting-blocks. Certains diront que cela fait beaucoup de liste, et il n’aurait pas totalement tort. D’autres célèbrent la démocratie, et ils ont raison. En attendant, cette multiplication des listes ne fait le jeu de personne, et dans les rues de Puget, les habitants appréhendent déjà les grands changements qui s’opéreront dès le 22 mars au soir.