Bah Alors ?

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Axé actu locale, culture et conso, il est  imprimé tous les mois. Dans ses pages, nous allons
à la rencontre de personnalités qui font vivre la communauté d’agglomération dans des interviews

fleuves qui vous étonneront à chaque fois. Aussi, des chroniques musicales, des critiques cinéma,
ou encore des tests consommateurs vous attendent dans ce mensuel pour la modique somme de 0€.

Bah Alors n°35 - août 2020
Vous faites quoi pour la planète ?
août 2020
Gratuit

Je suis fumeur, mais je n’ai jamais jeté mes mégots sur le trottoir. Je ne le faisais pas quand on pouvait encore fumer dans les bars et restaurants ni lorsqu’on pouvait encore fumer sur les plages. Un cendrier de poche, ça ne prend pas de place, des poubelles il y en a partout, et des cendriers aussi. Puis quelque part, comme tous les fumeurs, j’ai un peu honte de fumer. Je me ruine la santé gentiment, ma fumée dépasse mon espace de vie, la production de cigarette n’est pas la plus éco-friendly ; je n’ai pas envie d’emmerder en plus les gens autour de moi. Alors, voir des mégots par terre, ça a tendance à m’énerver. Voir des détritus par terre en général. Mais comme d’habitude, chaque été apporte son lot de nouveauté. Et COVID-19 oblige, voici venu le temps des masques chirurgicaux sur les trottoirs ou près des magasins. Masque à usage unique dans lequel on a juste soufflé, aussi léger qu’un mouchoir qu’on mettrait dans sa poche. Et pourtant, on en voit pas mal.

 

Mais qu’est-ce qui traverse l’esprit du type qui jette son masque de manière aléatoire dans les rues de chez lui ou de là où il passe ses vacances ? Est-ce que c’est pour protester contre le port du masque obligatoire ? Est-ce parce qu’il a besoin d’ouvrir une application GPS sur son smartphone pour trouver une pauvre poubelle ? Est-ce parce qu’il est totalement éreinté après avoir respiré à travers le masque quinze minutes qu’il en vient à le jeter n’importe où ?

 

Pour ma part, ce geste montre juste à quel point le jeteur est un véritable imbécile dont le cerveau est sans doute plus léger que le poids du masque qui peut lui sauver la vie. J’imagine ce genre de type jetant des canettes de soda par la fenêtre de sa voiture, laissant dans le plus grand des calmes les emballages de son pique-nique sur une table de la Base Nature, enterrant ses mégots dans le sable. Je l’imagine râler aux Urgences parce que son pauvre rhume n’est pas une priorité pour les soignants, mettre une mauvaise note au restaurant qui lui explique qu’il ne peut pas enlever un ingrédient de sa sauce, quitter son mobil-home dans un état déplorable sans jamais penser aux agents d’entretien qui viendront faire le ménage après son départ. De toute manière, je ne l’imagine pas penser une seconde. De toute manière je n’imagine rien, et je me rêve à espérer que la Nature est bien faite, et que le COVID est peut-être la réponse de la planète pour réparer ses propres erreurs.

 

Bah alors ?
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